Depuis ce mercredi 18 janvier 2023, les élèves de Terminale ont accès à la plateforme nationale Parcoursup afin d’entamer la phase d’inscription, et formuler leurs vœux post-Bac dans le but d’intégrer les études de leurs choix. Ce site web, effectif depuis 2018 et comptant aujourd’hui 936 000 étudiants et 21 000 formations, est pointé du doigt depuis quelque temps, étant accusé de sélectionner les élèves en fonction de leurs classes sociales.

Une pré-sélection volontaire

Il est question d’orientation dès le collège. En fonction des notes et des évolutions scolaires de chacun jusqu’en Terminale, les élèves sont invités à faire des choix rationnels et réalistes par leurs professeurs.

Leïla Frouillou, sociologue mais aussi maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre, explique cela : « Le ministère de l’enseignement supérieur postule que les élèves optent pour une orientation rationnelle, qu’ils prennent en considération leurs notes, les taux de réussite dans les différentes filières pour déterminer le type d’études qui leur correspond ». Cette volonté de rationalisme mise dans la tête des élèves dès le début de leur scolarité amène à une sélection volontaire de la part de ces derniers ; par exemple, celui avec des résultats moyens postulera pour l’université sans oser candidater pour le BTS qui lui donne envie, et cela par l’appréhension de l’échec.

Cette sélection volontaire crée des barrières et des limites autour des élèves qui ne voient pas la possibilité d’être ambitieux, de postuler « au cas où », puisqu’ils ne se sentent pas légitimes. Il était bien plus facile de formuler des vœux non-rationnels à partir de l’ancienne plateforme APB — Admission Post Bac —, puisqu’il suffisait de cliquer sur la formation dite non-sélective. Sur Parcoursup, il y a une fiche Avenir qui détermine si l’élève est apte ou non, via l’avis favorable ou non de son équipe pédagogique.

La sélection des grandes écoles

Les grandes écoles, ayant conscience des inégalités sociales qui peuvent peser sur les choix d’orientation, essayent de créer des solutions. La mise en place d’un quota de boursiers a pallié à de nombreux déséquilibres, en permettant aux boursiers d’être prioritaires à certaines formations à l’aide d’un certain nombre de places ; plus de 2% des élèves boursiers doivent être ajoutés parmi les candidats, leur permettant ainsi de remonter très rapidement dans le classement. Ce chiffre ouvre de nombreuses possibilités en faisant parfois découvrir des filières que certains élèves pouvaient ignorer jusque-là, et c’est ainsi que Sciences Po Paris a vu son nombre de candidats doubler.

Néanmoins, il est toujours possible d’affirmer que certaines écoles pourraient aller encore plus loin en faisant remonter eux-mêmes les dossiers d’élèves boursiers, afin d’en avoir davantage. Chaque grande école a ses propres critères de sélection, et bien que ceux-ci restent assez stricts, des dispositifs locaux d’aménagement avaient été mis en place de manière à accueillir des élèves issus de classes moyennes, dont le succès n’est pas encore tout à fait garanti. Une volonté d’équilibrer ces sélections inégales reste toujours présente, avec toutes ses possibilités d’évolution. 

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