Depuis une vingtaine d’années, on assiste à une évolution des processus décisionnels autour des projets d’aménagement ou d’implantation de nouvelles installations industrielles.

Ainsi les maîtres d’ouvrage ont saisi l’importance d’intégrer à ce processus les différentes « parties prenantes » (stackeholders) du projet : élus, experts, professionnels de la participation, mais également les associations locales et nationales de défense de l’environnement ainsi que les habitants riverains du projet. Mais de quelle nature sont les changements introduits par cette ouverture à la société civile et quelle est sa réelle portée?

Fondée sur une comparaison des pratiques décisionnelles à travers les différentes expériences et formes de débats publics menés pour les projets d’installations de terminaux méthaniers à Dunkerque, le Havre (France), Rabaska et Gros-Cacouna (Québec) et Bilbao (Espagne) la recherche envisagée s’articulerait en deux temps :

1. réaliser pour chaque terrain une analyse du débat et de son contenu, en examinant la manière dont les avis des acteurs du débat ont été élaborés dans un contexte marqué par les risques industriels.

2, comparer les pratiques et formes des débats des projets de terminaux méthaniers afin de faire ressortir les similitudes ou différences dans les pratiques décisionnelles entre les trois terrains.

Il s’agirait de les mettre en perspective par rapport à la gouvernance locale, c’est-à-dire de les examiner en relation avec leur contexte institutionnel, avec les processus décisionnels locaux et en particulier avec d’autres dispositifs participatifs pérennes existants éventuellement dans le domaine du risque industriel. Cet aspect étudierait comment sont produites les décisions politiques locales dans chacun des contextes et examinerait notamment l’effet de l’acquisition des savoirs délibératifs par les acteurs locaux et son influence sur les modalités de construction des dispositifs techniques de choix.

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