Le concours externe de professeurs des élèves se déroulait un mois auparavant. Le constat ayant été fait est le suivant : un tiers des candidats ne s’est pas présenté. Alors que le recrutement se fait rare et que les concours de l’Éducation nationale sont de plus en plus désertés, il est légitime de s’interroger sur le niveau des professeurs. Est-il réellement en baisse, et si oui, à quoi cela est-il dû ?

Une baisse du nombre de candidats

Les candidats aux concours de l’Éducation nationale — CRPE, CAPES et autres — sont de moins en moins nombreux chaque année. En 2018, les concours rassemblaient 250 000 inscrits, désireux de devenir professeur un jour, ils ne sont plus que 100 000 cette année. L’écart est inquiétant, d’autant plus que ce nombre est celui du nombre d’inscrits, pas de participants. Ils sont nombreux à ne pas apparaître le jour J dans la salle d’examen. En effet, le concours régional de professeur des écoles comptabilisait 6 600 inscrits, mais seulement 4 000 d’entre eux sont venus composer le mois dernier. 

Le métier de professeur perd progressivement sa notoriété. Les postes non pourvus accroissent depuis plusieurs années déjà, ce qui en vient à créer un record effarant aujourd’hui. De 2017 à 2021, il y en a eu 7 418, soit 1 484 par an. Pour l’année 2022, le nombre de postes non pourvus déflagre à plus de 3 000.

En 2023, pour le CAPES de lettres classiques, le nombre d’admissibles ne permettra pas de remplir les 134 postes, en effet, seuls 47 sont admissibles. Ce constat est alarmant car cela concerne des enseignements de plus en plus en danger.

Cette baisse de candidat entraîne avec elle une baisse d’exigence. Faute d’avoir peu de candidats, il faut s’assurer qu’il y ait suffisamment d’admis pour les postes à pourvoir. C’est pourquoi il est maintenant possible d’obtenir le CAPES de Mathématiques avec une moyenne inférieure à 7 aux épreuves. Le concours de professeur des écoles, lui aussi, est accessible avec une moyenne de 5/20. Ce niveau très faible interroge sur la qualité des cours donnés par la suite aux élèves, par ces professeurs dont la qualification est loin d’être légitime. 

Une formation des enseignants très critiquée

Selon beaucoup d’enseignants, la faute serait à la formation elle-même. Ces derniers estiment qu’elle n’est pas assez solide et qu’elle ne prépare pas suffisamment à la direction d’une classe. Il ne suffit pas de connaître sa discipline, il faut apprendre les méthodes de pédagogie, de gestion d’élèves en difficulté, d’organisation de temps de travail, etc. Dans cette course au recrutement, plusieurs enseignants se sont vus être embauchés du jour au lendemain, ou transférés dans des établissements inconnus, où aucune formation n’avait été mise en place. 

Ce cercle vicieux entraîne un profond dégoût de l’enseignement à ces professeurs, qui ne tardent généralement pas à démissionner. Face à ces abandons, la solution des « speed-dating » est parfois adoptée. Cette méthode consistant à recruter des enseignants sur le pouce est néanmoins vivement critiquée. Chaque annonce de ce type est décriée par la presse et le personnel enseignant, qui n’y voient là que du désarroi. Ce sujet devenu très sensible a suscité l’intervention du Président de la République, ayant déclaré qu’il fallait pouvoir remplacer un enseignant du jour au lendemain à partir de la rentrée prochaine. 

Les solutions adoptées par l’Éducation nationale

Ce problème majeur de recrutement et de remplacement suscite une diminution du niveau d’exigence et donc un affaiblissement quant à la qualité des cours enseignés. L’Éducation nationale commence à aborder, cette fois, le problème du niveau des professeurs et non celui des élèves. Face à cela, deux solutions ont été mises en place. Le ministère de l’Éducation nationale a notamment rallongé le délai d’inscription aux concours de trois semaines et organisé un concours supplémentaire à Créteil et Versailles. Ces moyens restent toutefois très légers et ne règlent pas la baisse de niveau des professeurs. 

Pap Ndiaye s’est jusque là principalement penché sur le sujet des absences, en évoquant la solution du pacte enseignant. Le ministre compte effectivement sur des enseignants volontaires pour suppléer les professeurs absents sur de courtes durées, en échange d’une rémunération basée sur le fonctionnement d’heures supplémentaires. Cette décision fait l’objet de toutes les critiques de la part des syndicats. Ils estiment que ce fonctionnement existe déjà implicitement et qu’il n’est pas efficace.

La question des professeurs hante l’Éducation nationale depuis de nombreuses semaines. Avec un niveau en baisse, un recrutement faible et des absences non remplacées à répétition, ce sujet est devenu prépondérant. Les solutions mises en place doivent faire leurs preuves rapidement, auquel cas le corps enseignant sera en constante faillite.

Au Cours Thalès, nos professeurs sont expérimentés et certifiés de puis de nombreuses années. Notés après chaque stage, ils sont à l’écoute des retours de nos élèves afin de leur procurer le meilleur enseignement lors de nos stages.

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