L’Éducation nationale française souffre depuis longtemps d’un problème persistant, qui est celui des absences à répétition d’enseignants et d’un manque de remplaçants. Qu’il s’agisse de congés maladie, d’absences imprévues ou encore d’absences liées à une autre convocation scolaire, les établissements ont pour la plupart du mal à trouver des remplaçants compétents pour assurer la continuité des cours. Pour tenter de résoudre ce problème, le ministère de l’Éducation nationale propose la mise en place d’un pacte enseignant dès la rentrée prochaine.

Qu’est-ce que le nouveau pacte de l’Éducation nationale ?

Il s’agit d’un dispositif mis en place par le ministère de l’Éducation nationale, en collaboration avec les rectorats, les établissements scolaires et les enseignants. Son objectif est de répondre aux besoins de remplacement dans les établissements scolaires en proposant aux enseignants de devenir eux-mêmes remplaçants. Les enseignants qui l’accepteront pourront alors signer un forfait annuel d’heures de remplacement à faire. Ces nouvelles missions, en plus de leurs heures habituelles, seront comptabilisées et rémunérées comme des heures supplémentaires, ce qui prévoit donc une hausse financière à la fin du mois.

Selon le gouvernement, ce pacte serait une réponse concrète aux problèmes de remplacement que rencontrent beaucoup de collèges et lycées depuis plusieurs années déjà. Le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, a estimé le nombre d’heures perdues à 15 millions. Le dispositif permettrait donc d’assurer la continuité pédagogique en gratifiant des enseignants qualifiés et motivés pour remplacer les titulaires absents.

Cependant, la Cour des comptes a rectifié la déclaration de Pap Ndiaye. En effet, elle évalue le nombre d’heures perdues plutôt à 2,5 millions. Le ministre aurait comptabilisé en plus les absences de longue durée, qui ne sont pourtant pas concernées par le pacte enseignant. La Cour des comptes estime effectivement que ce dispositif n’est pas percutant puisque la plupart des absences de courte durée présentent des motifs de santé, qui ne peuvent être réglées par un supplément d’heures de travail et donc, de charge mentale. Les autres motifs relèvent quant à eux de l’organisation scolaire elle-même, à savoir par exemple des réunions pédagogiques, ce qui ne sera pas non plus pris en charge par le pacte enseignant.

Comment sera organisé le nouveau pacte enseignant ?

Afin de pouvoir le tester progressivement, ce dispositif sera facultatif et modulable. Il appartiendra aux enseignants d’en faire le choix ou non. Son organisation se fera à travers trois volets : 

Le recrutement, qui sera assuré par les rectorats qui recherchent des enseignants remplaçants qualifiés et motivés pour remplir les missions de remplacement.
La formation, qui sera ensuite délivrée par les établissements scolaires qui accueillent les enseignants remplaçants et détaillent les compétences nécessaires pour les cours en l’absence du titulaire.
L’accompagnement, quant à lui, sera organisé par les enseignants titulaires eux-mêmes afin d’encadrer les enseignants remplaçants en accompagnant leur intégration dans l’établissement.

Les enseignants qui feront le choix du pacte enseignant auront la possibilité d’assurer vingt-quatre à soixante-douze heures supplémentaires par an, promettant une rémunération de 1 250 à 3 750 euros bruts annuels, en fonction du nombre d’heures effectuées. 

Qui est concerné par le pacte enseignant ?

Le pacte enseignant prévoit de couvrir les absences du second degré, à savoir les collèges et lycées, qui sont donc les établissements qui peinent le plus à trouver des remplaçants. Ces remplacements concerneront néanmoins les absences de courte durée seulement. En ce qui concerne les absences de longue durée, le ministère de l’Éducation n’a pas encore proposé de réelle solution. Le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, a annoncé qu’en regroupant un quart des 480 000 enseignants du secondaire au sein du pacte enseignant, toutes les absences de courte durée seront assurées par un successeur provisoire, ce qui réglerait ce problème majeur.

La plupart des enseignants restent très méfiants à cette alternative et déclarent d’ores et déjà qu’ils déclineront la proposition, considérant qu’il s’agit simplement de travailler plus pour gagner plus. Ils retiennent cela comme une solution de remplacement temporaire plutôt que comme une réponse structurelle aux problèmes de l’Éducation nationale. 

Ce dispositif ne prend pas non plus en compte les conditions de travail difficiles auxquelles sont confrontés les enseignants remplaçants, qui doivent souvent travailler dans des établissements inconnus et assumer des responsabilités importantes sans forcément disposer de la formation adéquate.

Si ce pacte enseignant ne vise pas à remplacer les enseignants titulaires, mais seulement à les suppléer en cas d’absence et ne règle pas pour autant les difficultés de recrutement des enseignants, il reste une solution intéressante pour pallier aux remplacements, dans la mesure où il prouverait son efficacité au fil des années.

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