Parce qu’ils mettent en scène des sportif.ves et diffusent leurs images à grande échelle, les médias doivent être considérés comme des instances de socialisation. Okapi, Julie et Science et Vie Junior, références journalistiques ayant un poids fonctionnel décisif dans le processus de production et diffusion de l’information juvénile, occupent une place très importante dans le paysage culturel et dans l’institution scolaire. Ces trois titres de la presse écrite jeunesse ont donc retenu notre attention. Dans quelles mesures les contenus textuels et imagés liés au « sport », diffusés dans cette presse dite « éducative », participent-ils de la construction des (dé)goûts, du développement de dispositions ou non pour le sport ? Dans quelles mesures amènent-ils un.e jeune à admirer ou à stigmatiser d’autres jeunes pratiquant une activité sportive, à s’en auto-exclure, à se forcer à la pratiquer ou à l’abandonner ? Pour répondre à ces questions, le projet interdisciplinaire SportPEJ – qui réunit deux historiens, cinq sociologues, deux Info Com et une linguiste – procédera au décodage formel et systématique des matériaux sur une période de dix années (1ère enquête) et croisera l’analyse de la production (2ème enquête) avec celle de la réception de l’information (3ème enquête). En montrant par quels moyens et sous quelles conditions les contenus médiatiques sportifs mis au jour et analysés dans cette presse écrite jeunesse contribuent à l’intériorisation des hiérarchies de genre et au façonnage des dispositions sportives pouvant être à l’origine (ou non) d’un engagement dans l’activité sportive, ce travail de recherche vient combler un angle laissé mort par la communauté scientifique. Le partenariat noué avec la Fondation Alice Milliat aidera à améliorer la circulation des savoirs produits en menant des actions relevant des relations entre science et société, inscrites dans la lutte contre les stéréotypes/discriminations dans le monde sportif.

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