Longtemps perçu comme un phénomène majoritairement masculin, la migration a souvent été traitée comme un acte passif pour les femmes, dans l’ombre de celle des hommes. Or, le récent conflit en Ukraine a bien montré que les femmes migrent, seules ou en famille, sont résilientes et influencent les flux migratoires ainsi que les pays d’accueil. La région Hauts de France a accueilli un nombre important de réfugiées ukrainiennes ou autres et a été marquée historiquement par la migration de femmes, que ce soit des réfugiées de récents conflits, des déplacements post-décoloniaux (comme les communautés de cap-verdiennes à Amiens), ainsi que des étudiantes qui se plaisent et s’installent dans la région (il faut noter que les femmes sont représentées en majorité dans le programme Erasmus et que le phénomène des « bébés Erasmus » n’est pas rare dans les Hauts de France). Il est donc désormais nécessaire de rendre la migration « genrée » visible et d’en reconnaitre ses spécificités, ses apports, mais aussi les défis qu’elle représentent pour les femmes.

L’objectif de ce projet est de créer un documentaire qui montrera la présence, les obstacles et les ressources des femmes migrantes dans les contextes migratoires passés et présents. Il est en effet nécessaire de rectifier les idées préconçues sur les femmes migrantes et notamment :

de montrer que les femmes ont toujours migré (même si elles ont longtemps été exclues des études, et n’étaient pas systématiquement comptées parmi les migrants);
de montrer que les femmes migrent seules, sans hommes et sans famille, et qu’elles ont des ressources physiques, économiques, intellectuelles et réseautales, mais aussi des compétences transférables dans les sociétés d’arrivée ;
de nuancer les discours sur la vulnérabilité des femmes migrantes, qui ont pour conséquence de présenter les femmes migrantes comme des fardeaux économiques et sociaux pour les pays d’accueil ;
de prendre en compte la spécificité des migrations de femmes et les défis auxquels les femmes migrantes sont confrontées dans un contexte généralement perçu comme essentiellement masculin ;
leurs difficultés au départ, durant la migration, mais aussi lors de l’intégration dans les sociétés d’arrivée.

Il s’agit donc d’informer le public sur les ressources et les défis des femmes migrantes ; ainsi que d’interroger l’impact de la migration sur la construction du genre, mais aussi l’impact du genre sur la migration. Dans quelle mesure l’expérience migratoire est-elle différente pour les femmes et pourquoi ? Il s’agit donc d’un projet unique et porteur, car s’il y a des documentaires généraux sur la migration, ceux qui se concentrent sur les femmes sont encore rares.

Generated by Feedzy