Suivre des études supérieures est souvent un casse-tête financier pour les étudiants. Si une majorité d’entre eux peuvent compter sur l’aide de leur famille, de nombreux autres n’ont pas cette chance et doivent trouver des financements externes. Lorsqu’on se dirige vers une formation de médecine, il n’est pas question de travailler par ailleurs : ces études sont très exigeantes et nécessitent une implication de tous les instants. Heureusement, il existe un certain nombre d’aides qui permettent de mener à bien un parcours d’études complet.

Des études de médecine longues et coûteuses

Les études de médecine sont longues, entre 9 et 12 ans après le Bac ! La première année est celle du concours pour accéder à une filière MMOPK. Très sélective, elle donne accès aux études de santé une fois le concours réussi. S’en suivent deux années (premier cycle) d’apprentissage des bases médicales théoriques. Puis un second cycle de trois ans, l’externat, conduit les étudiants à s’initier à la pratique. À son issue, les étudiants passent l’ECN ou Épreuves Classantes Nationales, leur donnant accès aux spécialités médicales. Ils vont alors suivre pendant 3 à 6 ans un troisième cycle en tant qu’internes.

Si les internes reçoivent un salaire évoluant entre 19 000 € brut annuel en première année et 28 000 € en quatrième année, les six premières années ne sont pas rééllement rémunérées. 

Si l’on additionne tous les frais que doit débourser un étudiant en médecine pour vivre sur une année, ils s’élèvent à près de 20 000 €. Frais d’inscription, coût des manuels, logement, transports, alimentation pèsent lourdement sur leur budget, en particulier dans le contexte actuel de forte inflation. 

Des aides sous condition accessibles à tous les étudiants du supérieur 

Indépendamment de la spécificité des études, il existe des bourses et des dispositifs accessibles aux étudiants selon certaines conditions de ressources. 

La bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux (BCS)

Une BCS peut être accordée à un étudiant confronté à des difficultés matérielles ne lui permettant pas d’entreprendre ou de poursuivre des études supérieures. Celle-ci peut couvrir l’ensemble des années d’études, en fonction de l’assiduité aux cours et de la présence de l’étudiant aux examens. En médecine, elle peut donc financer l’année de formation préparatoire (avant le concours) et de la deuxième année à la sixième année des études. Une fois interne, l’étudiant étant rémunéré, il ne peut plus disposer d’une bourse.

Pour en bénéficier, il faut satisfaire à un certain nombre de conditions, en particulier :

Des conditions de ressources de la famille,
Avoir moins de 28 ans lors de la première demande de bourse, 
Avoir un Bac français, 
Être inscrit en formation initiale dans un établissement d’enseignement public ou privé habilité à recevoir des boursiers,
Suivre des études supérieures à plein temps, 
Être de nationalité française ou, sinon, répondre à des conditions spécifiques.

Selon les conditions de ressources, le montant de la bourse s’élève annuellement de 1 500 € à près de 6 400 €.

L’aide au mérite

Si l’étudiant bénéficiant d’une bourse sur critères sociaux a obtenu son Baccalauréat avec une mention « Très Bien », il peut également recevoir cette aide au mérite. Inutile d’en faire la demande, elle est attribuée automatiquement. Elle est actuellement d’un montant de 900€.

Les aides du quotidien

Le logement est le poste budgétaire le plus important pour un étudiant. Surtout s’il suit sa formation dans certaines grandes villes où les prix de l’immobilier sont particulièrement élevés. Il a droit aux aides au logement de la Caisse d’Allocations Familiales : sous condition de ressources, il peut ainsi bénéficier de l’APL (Aide Personnalisée au Logement).

Le CROUS propose également des logements étudiants, une fois encore sous condition de ressources.

Enfin, il existe aussi des aides au transport : remboursement partiel des services de transport en commun et des abonnements publics de location de vélo. C’est le CHU qui prend en charge la moitié du tarif des abonnements. 

Des aides spécifiques aux étudiants en médecine 

Des aides ciblant directement les étudiants en médecine existent, distribuées par les pouvoirs publics, mais également par certaines structures privées. 

L’aide à la mobilité

De plus en plus, le manque de médecins dans certains territoires ou dans certaines structures met en difficulté un public croissant. C’est pour atténuer ce problème majeur que des aides spécifiques ont été mises en place pour les étudiants en médecine.

En effet, selon un rapport du Sénat publié en 2022, près d’un tiers de la population française vit dans un « désert médical ». Il y est difficile, voire impossible, d’accéder aux soins en raison du manque de professionnels.

L’État propose pour remédier à cela, une allocation CESP (Contrat d’Engagement de Service Public) de 1 200 €, versée mensuellement aux étudiants qui en font la demande en 2e ou 3e année de médecine. 

En contrepartie, ceux-ci s’engagent à exercer, une fois leur diplôme obtenu, dans une région en pénurie de médecins pendant une durée au moins égale au nombre d’années de perception de l’allocation. L’étudiant bénéficiant de cette aide de sa 2e à sa 6e année d’études devra donc pratiquer au moins 4 ans en zones déficitaires. Il sera accompagné pour l’installation de son cabinet.

Les aides régionales et des collectivités territoriales

Dans le même esprit consistant à attirer de jeunes médecins dans des zones « blanches », dépourvues de généralistes, que les régions, les communautés de communes ou les départements s’activent pour attirer de futurs praticiens 

Ces initiatives sont prises pour répondre à des besoins locaux, spécifiques. Il faut donc faire le tour des communes et régions pour découvrir ce que celles-ci proposent.

En 2022 par exemple, la ville de Brive-la-Gaillarde accordait une bourse de 500 € mensuels aux étudiants en médecine à partir de la cinquième année, s’ils s’engageaient à s’installer dans la ville.

 Le département de l’Aube propose une aide de 200 euros mensuels aux internes de médecine générale en 8e et 9e année s’ils effectuent leur stage ambulatoire en soins primaires dans une ville du département.

 Dernier exemple, une communauté de communes du Loir-et-Cher propose aux étudiants en médecine de troisième et sixième année une somme de 26 000 € s’ils s’engagent à 5 ans d’exercice sur son territoire.

 L’existence de nombreuses aides financières, des bourses aux subventions pour combler les déserts médicaux, envoie un message très positif : nul besoin de disposer de moyens importants pour devenir médecin. Indispensable, altruiste et passionnant, ce métier est souvent embrassé par vocation. Il apparaît ainsi tout à fait judicieux d’en faciliter l’accès aux plus modestes dans un contexte de crise et de manque de praticiens.

L’article « Les aides financières pour les étudiants en médecine » a été publié originellement sur le site des Cours Thalès : Les aides financières pour les étudiants en médecine

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