Chaque année, des dizaines de milliers d’étudiants sortent d’une des 333 écoles de commerce françaises. Celles-ci demeurent une des voies principales pour réaliser un parcours professionnel dans le management et le marketing. La preuve ? En 2022, huit diplômés sur dix ont trouvé leur premier emploi en moins de deux mois. Si cet état de fait reste inchangé, on peut cependant constater une évolution dans les attentes des recruteurs. Les entreprises ne se contentent pas des acquis solides inculqués dans les écoles, mais étendent leurs recherches à un spectre beaucoup plus large de compétences.

Hard skills vs Soft skills

Dans la quête du collaborateur idéal, les experts en ressources humaines distinguent deux catégories de compétences : les hard skills et les soft skills.

Les hard skills englobent les compétences techniques, souvent concrètes et mesurables. Elles proviennent généralement de l’apprentissage académique. Les diplômés des écoles de commerce, par exemple, peuvent se targuer de savoirs en marketing, finance ou stratégie. Mais ce n’est pas tout. 

À côté, les soft skills, compétences interpersonnelles ou générales, sont ce qui caractérise le candidat en dehors de ses acquis « techniques ». Moins tangibles, elles s’acquièrent souvent à travers des expériences personnelles. Les capacités de communication, la gestion du stress, ou l’esprit d’équipe sont de bons exemples. Les recruteurs les considèrent souvent comme des indicateurs de la capacité d’un individu à évoluer au sein d’une équipe ou d’une organisation.  

Le niveau d’excellence des formations dans les écoles de commerce conduit ainsi à faire en partie peser la sélection d’un candidat sur ces aptitudes et savoir-vivre qui prennent de plus en plus d’importance dans la vie d’une entreprise.  

Quatre tendances recherchées par les recruteurs

1 – Une grande capacité d’adaptation

L’incertitude est devenue la norme dans le monde des affaires. L’environnement économique est imprévisible, les technologies évoluent très rapidement et les modèles d’affaires traditionnels sont souvent remis en question. Dans ce contexte, la capacité d’adaptation est essentielle. 

Les diplômés des écoles de commerce qui démontrent une telle capacité sont particulièrement recherchés. Ils peuvent rapidement appréhender de nouveaux concepts, outils ou marchés, et ainsi aider les entreprises à naviguer dans ce monde en perpétuelle mutation. Mais comment repérer un candidat « agile » s’il n’a pas encore d’expérience professionnelle ? Les recruteurs ont la solution ! 

La voie de l’apprentissage

Quoi de mieux pour une entreprise qui souhaite embaucher un jeune diplômé que de prendre un candidat déjà doté d’une expérience professionnelle ? C’est un gain de temps, puisqu’il connaît déjà les bases de la vie dans une entreprise, de ses contraintes, de sa culture. 

Cela est possible par le jeu de l’apprentissage en alternance. Un certain nombre d’écoles de commerce laissent en effet cette possibilité à leurs étudiants et 15 % d’entre eux avaient déjà choisi cette voie en 2020. Ceux-ci alternent ainsi, tout au long de leurs études supérieures, des périodes d’apprentissage théorique et des phases de formation pratique en entreprise. 

Le parcours d’alternance d’un étudiant d’école de commerce dure plusieurs années et lui permet de faire l’expérience de plusieurs entreprises. C’est idéal pour s’assurer que le jeune diplômé a déjà su s’adapter à différentes situations professionnelles 

La pratique de stages variés 

À défaut d’alternance, les stages offrent également une immersion réelle dans le monde des affaires. Ils permettent aux étudiants de mettre en pratique leurs connaissances, d’affronter des défis concrets et d’acquérir une compréhension profonde des dynamiques de l’entreprise. 

Les recruteurs scrutent le nombre et la nature de ces périodes. Plus les stages ont été variés, dans des structures de tailles et de secteurs différents, plus le candidat retiendra leur attention. Un nouvel embauché ayant déjà plusieurs expériences bien diversifiées saura, pense-t-on, apporter à l’entreprise une vision nouvelle, bâtie sur l’historique de ses stages. 

De même, un nouveau diplômé qui peut faire état de plusieurs expériences à l’étranger, à titre professionnel ou personnel, sera toujours privilégié : la capacité à travailler dans des environnements internationaux à une époque d’économie mondialisée est évidemment très appréciée.

2 – Une maîtrise globale de l’univers numérique

On le sait, aujourd’hui le numérique a investi tous les espaces professionnels et privés. Cela influence en particulier tous les aspects des affaires, du marketing à la finance, en passant par la gestion des ressources humaines. Il ne s’agit pas simplement pour le jeune diplômé de savoir utiliser un outil numérique ou un logiciel. Les entreprises attendent de lui d’en faire une composante importante de son activité

La maîtrise des données 

La data est le nouveau pétrole, si l’on veut. Les entreprises accumulent d’énormes quantités de données, mais leur véritable valeur réside dans la capacité à les analyser, à les interpréter et à les utiliser stratégiquement pour prendre des décisions éclairées.

L’analyse des données : disposer de bases de données est un avantage indéniable. Mais pour qu’il soit efficace, il faut pouvoir les décortiquer, les comprendre et en extraire des informations pertinentes. Cela implique de connaître les outils et les méthodes d’analyse, de statistique et d’être capable de les utiliser pour produire des insights.
La gestion des données : La sécurité, l’accessibilité et la précision des données sont primordiales. Comprendre instantanément cet enjeu, savoir s’organiser en prenant en compte cette exigence est évidemment un atout pour l’entreprise. Embaucher un diplômé d’école de commerce intégrant cette compétence à l’ensemble de son travail est une économie de temps et de ressources pour l’entreprise. 
La cybersécurité : La puissance des systèmes informatiques, les ressources presque infinies des bases de données ont un gros point faible : leur sécurité. Les entreprises, grandes ou petites, sont des cibles potentielles pour les cyberattaques. D’où leur appétence pour un candidat intégrant des connaissances poussées en matière de cybersécurité. Il sera capable de protéger durablement et efficacement son travail et les ressources de la société. 

Savoir attirer des prospects et les retenir 

Dans un univers saturé d’informations, capter l’attention des clients est un véritable défi. Internet donne accès à des centaines de milliers de sites, des millions d’articles et d’informations y paraissent quotidiennement. Dans cet immense flux de données, les entreprises ont besoin de professionnels capables de mettre en avant leurs produits, leurs services et d’atteindre leurs clients potentiels. 

Manier avec aisance le référencement naturel : avec l’importance croissante du commerce en ligne, le référencement est devenu essentiel. Les entreprises veulent que leurs offres et leurs produits soient visibles en tête des moteurs de recherche. Le SEO, Search Engine Optimization, ou référencement naturel est une méthode qui a fait ses preuves en la matière.

Structuration d’articles, mots clés, travail de l’univers sémantique… Cette compétence permet d’asseoir la visibilité d’un site ou d’une information auprès du plus grand nombre. Elle participe à la stratégie web marketing. Le jeune diplômé d’école de commerce disposant déjà d’une expertise en la matière pourra ainsi donner des directives et en vérifier rapidement la bonne utilisation. 

L’expérience utilisateur : travailler dans le marketing et élaborer des stratégies commerciales fait partie des attributions de nombreux diplômés d’écoles de commerce. Au-delà des qualités intrinsèques du produit ou du service à mettre en avant, la présentation de l’entreprise, la facilité d’utilisation de son site web ou de son application mobile sont des facteurs déterminants dans son succès.

Ainsi, l’expérience utilisateur peut influencer fortement la décision d’achat. Une interface intuitive et agréable fait souvent la différence entre un parcours d’internaute qui se conclut par un achat et un abandon avec sortie du site. Avoir l’œil, pouvoir alerter les experts techniques sur telle ou telle imperfection, leur suggérer des améliorations est fortement apprécié de la part d’un marketeur.

3 – Avoir l’esprit entrepreneurial 

De plus en plus de recruteurs valorisent l’esprit entrepreneurial. Certains d’entre eux cherchent des « intrapreneurs », des diplômés prêts à prendre des risques. Le profil idéal est le suivant : jeune diplômé tenté par les start ups qui va s’intégrer dans une entreprise tout en cherchant à voir au-delà, à identifier de nouvelles opportunités.  

4 – Les soft skills qui font la différence 

S’il n’est pas difficile de trouver des candidats répondant aux compétences techniques requises, c’est sur leurs qualités personnelles que les recruteurs vont tabler pour leur sélection. Le diplômé qui apporte à l’entreprise une capacité de travail en équipe ou une manière originale d’aborder les problèmes est particulièrement recherché dans certaines sociétés.

Un apport positif à l’organisation de l’entreprise 

La gestion du temps : ne pas perdre une minute, s’organiser de manière à respecter des délais même s’ils sont très serrés est une demande générale aujourd’hui. Il est vrai que la productivité n’a cessé de progresser depuis les années 1980 et que l’efficacité est une valeur cardinale. Savoir s’organiser, prioriser, équilibrer le temps passé, savoir déléguer, ce sont des compétences très attendues des jeunes diplômés.
La résolution de problèmes : la capacité à penser de manière critique, à analyser des situations complexes et à trouver des solutions innovantes, est très prisée. Les entreprises sont friandes de candidats dotés d’une large ouverture d’esprit : ils doivent être capables de débloquer un problème par leur capacité à penser autrement et à puiser dans d’autres compétences des éléments de solution.

Un atout pour le « travailler ensemble » 

L’environnement de travail a une grande influence sur la productivité et le bien-être des employés. Le mal-être au travail, les dissensions entre équipes, les cas de harcèlement entre autres, nuisent gravement aux performances et à la pérennité des entreprises. Les profils susceptibles d’y remédier ont aujourd’hui le vent en poupe. 

Des capacités de communication en interne : on s’aperçoit que, souvent, les problèmes interpersonnels, au sein d’une équipe ou entre différents services, reposent sur une communication défaillante. Les recruteurs recherchent en particulier des candidats capables d’échanger efficacement des informations et de clarifier leurs attentes. 
L’empathie et la gestion des émotions : le bien-être en entreprise et la qualité de vie au travail ont gagné leurs lettres de noblesse depuis quelques années. Il existe une demande croissante de collaborateurs empathiques, à l’écoute, capables de gérer leur stress et le stress de leurs équipes. La capacité à comprendre et à prendre en compte les émotions des autres est un atout majeur, qui favorise des relations de travail saines et productives.

Les entreprises d’aujourd’hui attendent beaucoup des diplômés des écoles de commerce. En plus de solides compétences académiques, elles recherchent des individus polyvalents, adaptables et dotés d’une forte intelligence émotionnelle. Pour se démarquer, les diplômés doivent donc cultiver à la fois leurs hard skills et leurs soft skills, tout en restant en veille constante sur les évolutions du monde de l’entreprise.

L’article « Quelles compétences recherchent les entreprises chez les diplômés d’école de commerce ? » a été publié originellement sur le site des Cours Thalès : Quelles compétences recherchent les entreprises chez les diplômés d’école de commerce ?

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