C’est en fin d’année scolaire 2022-2023 que les conséquences effectives du choix des spécialités sont apparues aux candidats pour la première année. Et certains d’entre eux ont dû déchanter par rapport à leurs ambitions. Certaines matières semblent en effet indispensables pour que Parcoursup propose les formations souhaitées. La question se pose, en particulier, chez celles et ceux qui envisagent d’entamer des études en médecine : est-il nécessaire d’avoir opté pour la spécialité SVT en Première et en Terminale pour être sûr d’intégrer la bonne formation ? Plongeons dans le dédale des réformes récentes pour y voir plus clair.  

Deux réformes en deux ans : réforme du Bac, réforme de la PACES

2018 — 2020 : le paysage éducatif a connu de profonds bouleversements en l’espace de ces deux années. Le cycle du lycée a été entièrement repensé, aboutissant à un Bac censé être mieux adapté à l’orientation des élèves. Deux ans plus tard, pour faire face à un manque global de médecins sur le territoire, le mode de sélection des étudiants en médecine a, lui aussi, été profondément modifié.

La réforme Blanquer du Bac et les épreuves de spécialité 

Le ministre de l’Éducation de l’époque, Jean-Michel Blanquer a souhaité moderniser les études du second cycle et améliorer qualitativement l’orientation des élèves. Cette réforme devant aboutir à une « école de la confiance » a conduit, entre autres, à repenser le Bac.

Les objectifs de la réforme du Bac 

La situation antérieure à 2019, année d’entrée en vigueur de la réforme, proposait aux lycéens de choisir entre différentes filières. Le lycée général en proposait trois :

Scientifique,
Économique et Sociale,
Littéraire.

La réforme a supprimé ce principe de « filières ». Chaque lycéen suit désormais un parcours plus ou moins individualisé. Il s’agit de sélectionner trois spécialités à la fin de la seconde, puis d’en conserver deux en fin de première. Ce sont des matières qui seront travaillées en profondeur et qui correspondent aux orientations désirées par les élèves. Par ailleurs, les lycéens suivent des cours communs de français (en première), d’enseignement scientifique, de langues vivantes, etc.

Les épreuves de spécialité : comment ça fonctionne ? 

Le Bac a intégré cette nouvelle organisation. Désormais, les notes de l’examen reposent sur :

Le contrôle continu des années de Première et de Terminale,
L’épreuve anticipée de français en fin de Première,
Deux épreuves concernant les deux spécialités conservées en Terminale,
Une épreuve de philosophie,
Un grand oral en fin de Terminale.

Par ailleurs, les algorithmes de Parcoursup ont été modifiés pour prendre ces évolutions en compte. C’est à ce niveau que le choix des spécialités prend tout son poids. Il semble que certaines spécialités soient considérées par le logiciel comme nécessaires pour candidater à certaines formations. 

Médecine : la PACES devient le PASS 

Venant après de nombreuses alertes sur le manque de médecins en France, la réforme des études de santé de 2020 avait pour vocation d’élargir leur recrutement et d’assouplir les voies d’accès à cette carrière. 

Finie la PACES, bienvenue au PASS 

La PACES, ou « Première Année Commune aux Études de Santé », était la première étape des études de médecine en France. Connu pour sa rigueur, la PACES fonctionnait comme un filtre, permettant uniquement aux meilleurs d’accéder aux études médicales. Cette année intensive couvrait un large éventail de matières scientifiques.  

L’essence même de cette formation était la Biologie, mais elle englobait également des domaines tels que la Physique, la Chimie et les Mathématiques. Mais elle avait comme fondement premier le respect d’un numerus clausus destiné à limiter le nombre d’étudiants. Résultat : le manque de personne et un abandon du numerus clausus en 2020

Qu’est-ce que le PASS pour faire médecine ? 

À la suite des diverses critiques et au taux d’échec élevé de la PACES, un changement de perspective et de mode de sélection était nécessaire. D’où l’émergence du PASS (Parcours Accès Spécifique Santé). Plus qu’une simple refonte, le PASS vise une formation plus holistique. Il fusionne des modules essentiels en santé avec une autre discipline, garantissant une double compétence. Cette flexibilité a été introduite pour réduire le taux d’abandon en fin d’année et offrir des possibilités de reconversion, en cas d’échec. 

Ce que ça a changé 

La transition vers le PASS a redéfini la première année des études de médecine. Les étudiants ne sont plus enfermés dans une seule trajectoire. En diversifiant leur formation, ils sont mieux armés face à l’éventualité d’une réorientation. Cela illustre une volonté d’adaptation aux exigences multidimensionnelles du monde actuel.

La voie de secours : la LAS 

En parallèle du PASS, la LAS, ou « Licence Accès Santé », offre une alternative intéressante. Considérée par certains comme une voie de rattrapage, cette formation est plutôt une licence traditionnelle enrichie d’une mineure en santé. Ce parcours permet d’intégrer ultérieurement les études de santé, ouvrant ainsi une porte supplémentaire aux vocations médicales. 

Quels choix de spécialités pour accéder au PASS ou à la LAS ? 

On l’a vu, la réforme du second cycle nécessite de préparer son orientation dans le supérieur dès la Première. Le dispositif Parcoursup sélectionne les étudiants selon leurs parcours et tient compte, en particulier, des spécialités choisies. 

En 2018, la SVT était annoncée comme obligatoire pour faire médecine 

Lorsque fut annoncée la réforme du Bac, et avant même sa mise en œuvre, l’association des professeurs de biologie et géologie publiait une communication conjointe avec le président de la conférence des doyens des facultés de médecine. En défense d’une discipline qu’ils sentaient menacée, les professeurs de SVT mettaient en avant « que l’enseignement de spécialité SVT sera incontournable dans les attendus de Parcoursup pour intégrer le premier cycle de médecine ». 

Qu’en est-il aujourd’hui, les deux réformes étant désormais bien mises sur des rails ? Certains notent la sortie d’un clip publicitaire du ministère de l’Éducation destiné à séduire les candidats au professorat. Dans celui-ci, un lien clair est effectué entre la vocation et le parcours d’une médecin, et l’importance de la SVT dans ceux-ci.

Il existe des spécialités incontournables pour faire médecine

Il est clair pour tous que la médecine s’appuie essentiellement, mais pas uniquement, sur des connaissances scientifiques. La biologie est en particulier au cœur de l’apprentissage. Mais est-il indispensable de disposer de toutes ces connaissances en amont ? Finalement, l’absence de quelle spécialité est-elle la plus pénalisante dans une candidature au PASS ?

Un trio gagnant : le verdict de Parcoursup

Une étude réalisée sur les profils des candidats au parcours PASS en 2021 est assez parlante. Le choix des deux spécialités conjointes : Physique-Chimie et SVT, associé à un module de Mathématiques complémentaires, est majoritaire. Il a représenté 30 % des candidats au PASS, mais a généré de la part de Parcoursup 40 % de propositions. Mieux encore, ce sont 48 % des admis qui ont choisi cette combinaison.

Oui… mais si l’on décompose chacune de ces trois matières scientifiques dans l’analyse des candidatures, cela peut amener à voir les choses différemment. C’est l’intérêt des chiffres et des statistiques : chaque point de vue peut y trouver raison ! 

Fondamentale pour comprendre de nombreux phénomènes physiologiques et manipuler des équipements médicaux avancés, la Physique-Chimie reste une branche centrale. 

Un tiercé largement gagné par la Physique-Chimie 

Reprenons les chiffres. Si l’on compare l’ensemble des choix des candidats pour parvenir à intégrer le PASS, voici ce qu’il en ressort.

Physique-Chimie : 55 % de candidats, 72 % des propositions, 79 % d’admission
Mathématiques + Mathématiques complémentaires : 62 % de candidats (31 % en spécialité à part entière), 76 % des propositions (36 % en spécialité à part entière) et 80 % d’admission (32 % en spécialité à part entière)
SVT : 50 % de candidats, 56 % des propositions, 63 % d’admission

Autrement dit, ne pas choisir SVT dans les spécialités n’est pas rédhibitoire pour intégrer le PASS. 30 % des candidats évitent la SVT. 31 % d’entre eux reçoivent des propositions de Parcoursup et 27 % de ces derniers sont finalement admis au PASS. C’est évidemment 21 points de moins que les résultats du trio gagnant, mais cela laisse une large gamme de possibilités en dehors de la SVT. 

Physique-Chimie et Mathématiques, la meilleure combinaison ? 

Au vu des statistiques et du programme d’enseignement en études de santé, la Physique Chimie est sans doute la seule spécialité réellement indispensable. L’approfondir en Première et Terminale permet de développer des compétences essentielles : 

La familiarité avec la pratique expérimentale, 
La capacité d’argumenter et de produire des raisonnements rigoureux et étayés,
La résolution de problèmes scientifiques,
Des bases importantes de chimie.

Autant de facultés qui seront utilisées dans l’élaboration du diagnostic et la compréhension des mécanismes biologiques. 

Quant aux Mathématiques, si le niveau de la spécialité est assez élevé, l’exigence en la matière dans les premières années de médecine est importante. Rigueur, capacité de traiter les chiffres, de les analyser… Les Mathématiques étayent et renforcent les acquis de Physique Chimie. 

En regard, la spécialité Sciences de la Vie et de la Terre peut paraître moins indispensable. Toutefois, on y acquiert de solides connaissances en biologie, y compris en anatomie comme sur le fonctionnement interne des organismes vivants. C’est une bonne préparation au programme d’études médicales.

La SVT, pas obligatoire, mais recommandée 

Bien que les matières scientifiques telles que la Physique-Chimie et les Mathématiques jouent un rôle prépondérant, la spécialité SVT détient également une importance spécifique. Elle prépare de manière optimale aux multiples défis des études médicales et fait partie des combinaisons gagnantes face à Parcoursup. 

À la question initiale, la réponse est clairement non : il n’est pas obligatoire de prendre SVT en spécialité en Première et en Terminale pour réussir au PASS. Tout est affaire de sensibilité, d’intérêt. Le candidat plus faible en SVT, mais très bon dans les autres spécialités scientifiques aura ainsi tout intérêt à opter pour Mathématiques et Physique-Chimie.  

Il faut enfin considérer que l’existence d’une seconde voie, plus longue, par le biais d’une LAS, permet aux candidats refusés par Parcoursup de tenter de nouveau leur chance un ou deux ans plus tard.

L’article « Faut-il choisir la spécialité SVT pour faire médecine ? » a été publié originellement sur le site des Cours Thalès : Faut-il choisir la spécialité SVT pour faire médecine ?

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