Depuis sa création en 2018, la plateforme d’orientation post-Bac, Parcoursup, joue un rôle fondamental dans l’orientation des élèves. Instaurée dans un souci de plus grande équité dans l’orientation des bacheliers, elle a connu de premières années compliquées. D’année en année, des améliorations ont été apportées. Cinq ans après son lancement, qu’en est-il ? Les candidats de 2023 ont-ils obtenu la formation à laquelle ils prétendaient ?

Une procédure Parcoursup qui ne cesse d’évoluer depuis 2018 

Comme toute réforme d’ampleur, l’instauration de Parcoursup a dû subir des ajustements successifs pour répondre aux critiques et dysfonctionnements constatés. Rappelons rapidement le contexte et l’historique de cette procédure.

Quel était l’objectif de la création de Parcoursup ?

Parcoursup est né de la volonté de réformer le système d’admission post-Bac. L’ancienne plateforme Admission Post-Bac (APB) avait suscité de vives critiques, notamment en raison de son recours au tirage au sort pour certaines formations saturées. Face à ces critiques, la mise en place de Parcoursup visait à apporter une réponse transparente et méritocratique à l’orientation des élèves de Terminale. 

Le principe de fonctionnement de Parcoursu

L’essence de Parcoursup repose sur un algorithme sophistiqué qui traite les vœux des étudiants en fonction de nombreux critères, dont on peut citer les plus importants : 

Les notes obtenues en Première et Terminale,
Les choix de formation des candidats,
Les capacités d’accueil des établissements du supérieur,
Les projets de formation motivés,
Les éventuelles priorités liées à des situations particulières comme le handicap, le sport de haut niveau…

Chaque lycéen peut formuler jusqu’à 10 vœux et 20 sous-vœux. Il ne lui reste ensuite qu’à attendre les propositions d’admission des établissements. 

Ceux-ci, quant à eux, prennent connaissance des demandes de Parcoursup et classent les candidats selon leurs propres critères (notes, lettre de motivation, etc.). L’élève reçoit, au fur et à mesure, des propositions d’admission qu’il peut accepter, refuser ou mettre en attente tout en espérant des propositions plus favorables. 

En pratique, après la préparation de leur projet d’orientation au courant du premier trimestre de Terminale, les élèves doivent suivre un calendrier précis :  

Inscription sur Parcoursup entre janvier et début mars et formulation des vœux motivés,
De mars à début avril, finalisation du dossier, en incluant les éléments demandés par les formations,
À partir de début juin, réception des propositions d’admission. Le candidat est tenu de répondre à chaque proposition,
Ouverture des admissions complémentaires à la mi-juin : il est possible de formuler 10 nouveaux vœux dans des formations bénéficiant encore de places disponibles. Depuis 2022, il est nécessaire de hiérarchiser ces vœux complémentaires.

Ce système, conçu pour être plus transparent et équitable, a néanmoins suscité des controverses.  

Une brève histoire anxiogène de Parcoursup 

En effet, derrière la promesse d’une « meilleure » orientation, les candidats ont découvert un univers difficilement compréhensible et sont, pour certains, passés par les affres du désespoir.

De premières années pleines de bugs et d’inquiétudes 

Essuyer les plâtres d’un nouveau système peut être particulièrement déstabilisant, surtout lorsque celui-ci est censé décider — en partie — de votre avenir ! 

Les débuts de Parcoursup furent marqués par des soucis techniques. Beaucoup se souviendront de l’angoisse du serveur inaccessible lors des premières heures de la mise en ligne des résultats. Des étudiants se sont retrouvés sans aucune proposition, suscitant panique et confusion.

D’autant qu’à ses débuts, la communication autour de l’algorithme et de ses critères était pour le moins minimale. Beaucoup se demandaient comment les établissements classaient exactement les étudiants, faisant face à une opacité propice à toutes les hypothèses. Certains soupçonnaient un favoritisme géographique, voire social. 

Absence d’affectations, attentes de plus de deux mois pour certains candidats avant de disposer d’une formation, rejet inexpliqué d’un dossier… En l’absence d’une transparence complète, les élèves comme les parents sont en proie à une forte anxiété, d’autant que les procédures de recours restent compliquées. 

Une méfiance persistante 

Faisant suite à ces controverses, une commission sénatoriale s’est penchée sur le sujet, produisant en 2023 un rapport assez critique. Celui-ci a mis en lumière les défaillances techniques, le manque de transparence de l’algorithme, ainsi que l’insatisfaction générale des utilisateurs de Parcoursup.  

Toutefois, le rapport reconnaît qu’au cours de ses jeunes années, le dispositif a su s’améliorer, faisant des progrès en ergonomie et en communication. De même, le calendrier du processus a été revu, permettant de réduire les délais d’attente.  

Malgré ces avancées, l’accueil de la plateforme par ses utilisateurs demeure très négatif. Ainsi, le rapport sénatorial constate que plus de 80 % des candidats jugent Parcoursup stressant. Cela rejoint une étude réalisée par Ipsos en 2022 : on y trouvait déjà le même taux de « stress ». De plus, seuls 57 % des répondants estiment la procédure « fiable » et 48 % « transparente ». Les sénateurs pointent ainsi trois obstacles à la bonne acceptation du système : 

Un manque de rapidité, 
Un manque d’équité, 
Et surtout un degré de transparence très insuffisant.

Dans ce contexte, comment s’est déroulée la session 2023 ? Des avancées ont-elles été constatées ? 

Parcoursup 2023 : des améliorations notables 

Malgré des « bugs » marginaux, la moisson 2023 semble avoir plutôt rempli son rôle, les élèves jouant le jeu des choix et l’algorithme se montrant assez performant.

Des chiffres « corrects » selon le ministère de l’Éducation nationale 

Dès le mois de juillet 2023, le ministre de l’Éducation nationale se félicitait du succès du processus. Sur 917 000 candidats, plus de 600 000 avaient déjà reçu une réponse positive, ce que le ministre considérait comme « un taux tout à fait correct ». 

Avec la campagne Parcoursup 2023, on note ainsi une certaine stabilité dans le nombre de candidats : 

629 000 élèves de terminale, soit 96,1 % des 636 000 élèves de Terminale,
163 000 qui se trouvent déjà en première année du supérieur et demandent une réorientation, 
87 000 envisageant une reprise d’études
34 500 issus d’une scolarité étrangère

Ces chiffres démontrent que, malgré les critiques, Parcoursup reste la référence en matière d’orientation post-Bac.

Concernant les vœux, comprenant les choix et les sous-choix, ils étaient au nombre de 11,8 millions pour Parcoursup 2023, soit une moyenne de 13,5 vœux par étudiant. Ces chiffres sont en légère augmentation par rapport à l’année précédente (+0,6).

Encore des problèmes

Malgré ces chiffres encourageants qui montrent que le système est bien adopté par le plus grand nombre, et qu’il fonctionne, Parcoursup 2023 n’est pas sans défaut. L’attente reste un sujet de préoccupation majeure pour les élèves. L’angoisse de se retrouver sans formation ou de ne pas avoir son premier choix demeure une réalité. 

De plus, de nombreux élèves se plaignent des délais très courts pour confirmer une proposition, souvent moins de 24 heures. Cela les place dans une situation où ils doivent prendre des décisions cruciales pour leur avenir dans la précipitation. 

Enfin, au-delà de ces données qui montrent la capacité de Parcoursup de proposer une formation à presque chaque élève, rien ne dit que les candidats sont heureux des choix qui leur sont proposés. 

Les formations les plus demandées 

On ne note pas de révolution en 2023 par rapport aux vœux de l’année précédente. Sur plus de 11 millions de vœux et sous-vœux formulés, voici les 10 formations les plus demandées : 

Parcours d’Accès Spécifique Santé (PASS) : 725 864 vœux
D.E. Infirmier : 658 893
Écoles d’Ingénieur Bac + 5 : 643 006
Licence en Droit : 308 613
Classes Préparatoires aux Grandes Écoles MPSI : 196 411
Bachelor Universitaire de Technologie (BUT) Techniques de commercialisation : 185 088
BTS Management Commercial Opérationnel : 183 258
Classes Préparatoires aux Grandes Écoles PCSI : 163 209
BUT Gestion des entreprises et des administrations : 158 805
BTS Négociation et digitalisation de la relation client : 145 106

Elles représentent à elles seules près d’un tiers des vœux.

Si l’on s’intéresse aux formats de formations demandés, on constate alors que près de 35 % des choix se portent sur la licence, qui recule cependant de 1,2 point en un an. Ce sont ensuite les formations de type BTS (28 % des vœux) et BUT (10,7 %) qui restent très demandées. Enfin il est à noter que 6,4 % de l’ensemble des choix se porte sur les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles. Toutes ces formations sont en augmentation par rapport à 2022 : + 0,4 pour les CPGE, + 3,7 pour le BTS par exemple.

L’engagement d’améliorer la procédure 

Conscient que le système n’est pas encore totalement performant, le ministère de l’Éducation nationale demeure cependant confiant. Il promet ainsi d’améliorer plusieurs éléments dans la procédure, prenant l’engagement de travailler pour la prochaine session sur : 

la transparence de l’algorithme,
l’assurance de délais de réponse aux propositions moins serrés pour les élèves,
l’accompagnement des élèves durant la procédure.

L’année 2023 est un pas de plus vers une normalisation de Parcoursup : pas de grosses difficultés techniques, une acceptation généralisée du processus… S’il reste de nombreux détails à améliorer au fil du temps, comme le calendrier et les délais de réponse, les établissements du supérieur ont su prendre leurs marques. À moins d’un changement majeur des règles du jeu, tout laisse espérer que les dysfonctionnements des premières années seront vite oubliés. Quant au stress des candidats, c’est une autre histoire !

L’article « Le bilan 2023 de Parcoursup » a été publié originellement sur le site des Cours Thalès : Le bilan 2023 de Parcoursup

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