Les onze Instituts d’Études Politiques (IEP), plus communément connus sous le nom de Sciences Po, ont acquis de longue date une grande notoriété. Ces établissements d’enseignement supérieur sont réputés pour leur sélection exigeante et la qualité des études dispensées. Sciences Po Paris, le vaisseau amiral de ce réseau performant, attire toutes les convoitises et impose une image très spécifique des débouchés possibles : grands corps administratifs, journalisme, postes clés à la communication ou la direction de grandes entreprises… Mais ce n’est pas l’essentiel. Nous vous proposons de mieux comprendre à quel point les formations dispensées par les IEP ouvrent sur bien d’autres champs professionnels.

Qu’est-ce que le réseau des IEP ?

Des formations généralistes sur tout le territoire

Répartis dans toute la France, chacun avec ses particularités, ces instituts proposent des formations généralistes en sciences sociales, incluant le droit, l’économie, l’histoire, et la science politique. Tous proposent d’excellentes préparations pour les concours administratifs et en particulier pour intégrer la haute fonction publique. Leur objectif commun est de préparer les étudiants à devenir des acteurs clés dans divers secteurs, en fournissant un enseignement multidisciplinaire et en favorisant une compréhension approfondie des enjeux contemporains.

On compte aujourd’hui 11 IEP :

Sciences Po Paris, créé en 1872 et nationalisé en 1945, le plus prestigieux, proposant de très nombreuses formations, et bénéficiant d’un impressionnant réseau d’anciens élèves (près de 100 000). C’est une voie royale qui a formé 5 Présidents de la République et une quinzaine de Premiers ministres.
IEP de Strasbourg, créé en 1945, propose entre autres des spécialisations sur les relations internationales et les études européennes ;
Sciences Po Bordeaux, 1948, est très tourné vers l’international, avec de nombreuses filières internationales intégrées dès la première année ; on y trouve également une formation en économie sociale et solidaire ;
IEP de Toulouse, 1948, a développé tout un volet de formations sur les stratégies d’entreprise ainsi que sur la gouvernance des systèmes éducatifs ; un cursus de gestion des risques et de lutte contre la discrimination y est aussi ouvert ;
Sciences Po Grenoble, 1948, s’est acquis une grande notoriété en matière de sciences humaines et sociales, en particulier de sociologie ainsi que de journalisme ;
IEP de Lyon, 1948, est particulièrement intéressant pour les étudiants qui souhaitent suivre des parcours en gestion, économie ou information et communication ;
IEP d’Aix-en-Provence, 1956 : spécialisation dans les métiers de la défense et du renseignement ;
IEP de Lille, 1991 : sa relation privilégiée avec l’École supérieure du journalisme de Lille lui permet de proposer un double diplôme IEP-ESJ ;
IEP de Rennes, 1991 : on y trouve deux filières originales. Des formations aux métiers de la ville et à l’étude des gouvernances au niveau local, ainsi qu’une préparation spécifique au concours de directeur d’établissement hospitalier ;
IEP de Saint-Germain-en-Laye, 2013, qui propose un focus sur les métiers du renseignement et de la cybersécurité ;
Enfin, l’IEP de Fontainebleau nouvellement créé (2022) axe une partie de son recrutement sur les lycéens ayant suivi la spécialité de sciences humaines et sociales et la spécialité de sciences exactes et expérimentales.

Sortir d’un IEP, c’est un emploi assuré

Nul besoin de faire son cursus à Sciences Po Paris pour être certain de trouver rapidement un emploi. Les débouchés des IEP sont nombreux et l’excellence de chacun des instituts constitue pour leurs étudiants une garantie en ce domaine. Selon une étude réalisée par Sciences Po en 2021, année difficile pour l’emploi qui suit la pandémie de Covid, l’insertion professionnelle des étudiants d’IEP était plus que flatteuse :

Plus de 40 % étaient embauchés avant la fin de leurs études ;
9 sur 10 étaient en activité 18 mois après la fin de leurs études ;
86 % avaient trouvé un emploi dans les six mois suivant leur diplôme.

Pour la plupart, ce sont des emplois stables (3 sur 4) : CDI (48 %), statut de fonctionnaire français ou international (24 %). Près des deux tiers des emplois se situent dans le domaine privé, proportion en légère baisse.

Mieux, nombre d’étudiants n’ont pas même de démarche à effectuer s’ils veulent intégrer une entreprise : l’enquête indique que plus de 70 % des étudiants en dernière année d’IEP reçoivent au moins une offre d’emploi avant même d’avoir obtenu leur diplôme.

Autre caractéristique des diplômés d’IEP : 37 % trouvent un emploi à l’international, partout dans le monde (84 pays pour être exact).

L’attractivité des écoles ne se dément pas au fil des décennies, fondée sur la qualité des études prodiguées ainsi que sur une sélection rigoureuse à l’entrée.

Les salaires moyens des diplômés des IEP varient en fonction du secteur d’activité, de la localisation géographique et du niveau d’expérience. Néanmoins, les chiffres disponibles indiquent que les jeunes diplômés des IEP peuvent s’attendre à des salaires de départ relativement élevés par rapport à la moyenne nationale des jeunes diplômés. En 2021, un jeune diplômé de Sciences Po Paris pouvait espérer commencer sa carrière avec un salaire annuel d’environ 41 000 €, soit plus qu’un diplômé d’une grande école de commerce.

En fin d’IEP hors Paris, le salaire moyen d’embauche pour un premier emploi est de l’ordre de 33 000 €, avec des disparités selon les IEP.

L’IEP ouvre la voie à des carrières très diverses

L’image de Sciences Po reste encore très figée : une école où l’on étudie les sciences politiques et qui mène à une carrière dans l’administration. C’est l’une des motivations de nombreux étudiants qui y candidatent : avoir une action sur la société, voire sur le monde. Les noms d’illustres politiciens passés par l’école parisienne restent dans toutes les têtes.

Or, les débouchés des IEP sont bien plus larges et variés. Comme on l’a vu plus haut, l’essentiel des postes occupés par les anciens élèves de Sciences Po Paris comme des 10 IEP de région le sont dans le secteur privé. Pour une grande partie des étudiants qui parviennent à intégrer un IEP, c’est pendant le cursus de cinq années que leur projet professionnel va évoluer. Comme l’explique Anne Lesegretain, directrice Sciences Po et carrières, « grâce aux stages qu’ils vont faire dès le bachelor, puis avec leur choix de master, leur projet va évoluer, s’affiner, et ils vont découvrir que beaucoup de métiers permettent de changer le monde ».

On distingue ici les métiers pour lesquels le passage par un IEP est indispensable et ceux pour lesquels les instituts d’études politiques apportent un solide bagage en connaissances et en compétences très recherché par les entreprises.

Les débouchés « historiques » des IEP

Qui souhaite effectuer une carrière dans la fonction publique à un haut niveau n’a souvent d’autres choix que d’intégrer Sciences Po Paris ou un IEP. En effet, les masters en Politiques publiques et les préparations aux concours administratifs des écoles sont les formations les plus adaptées pour y réussir. Une étude réalisée en 2019 avançait des chiffres parlants : 80 % des énarques, près de 70 % des hauts cadres de la Banque de France et des conseillers des Affaires étrangères étaient passés par Sciences Po !

On compte également de nombreux diplômés des IEP dans les métiers concernant les politiques publiques : politique de la ville, logements, transports publics, etc. De même, les postes d’administrateurs de la fonction publique territoriale, les préfectures et les cabinets ministériels sont aussi bien fournis en anciens élèves des IEP. Les carrières administratives, y compris à l’international, représentent un peu moins de 20 % des diplômés.

Parmi les débouchés des IEP, les métiers à forte composante juridique sont également constitutifs des enseignements historiques des écoles. Si le droit public y est toujours largement enseigné – nécessaire pour les concours administratifs —, les écoles se sont ouvertes au droit privé, formant des juristes très qualifiés. Préparant aux concours de l’école nationale de la magistrature, de l’école nationale de police ou de la gendarmerie, les IEP permettent aussi aux étudiants de suivre des cursus orientés vers le droit privé : les masters droit économique ou droit et finance par exemple forment des juristes d’entreprise et facilitent la réussite des futurs avocats au concours du barreau.

Il est possible de se consacrer à la recherche et à l’enseignement en passant par un IEP : masters, École doctorale forment à l’enseignement en économie, en sciences politiques, en droit, en histoire ou en sociologie.

Dernier débouché des IEP, moins ancien, mais tout aussi performant, le journalisme. Les journalistes issus des IEP peuvent travailler pour des médias nationaux et internationaux, dans des rédactions de toutes tailles.

Les débouchés moins traditionnels

La majorité des étudiants sortant d’un IEP choisissent d’autres voies, principalement dans le privé. La liste est longue des fonctions et métiers occupés par les jeunes diplômés d’un IEP :

16 % travaillent dans l’audit et le conseil
7 % dans la banque, la finance ou l’assurance
4 % dans le secteur des nouvelles technologies
3 % sur des thématiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE)

On trouve, en particulier dans des fonctions marketing, de communication ou de management, des diplômés des IEP dans des secteurs aussi variés que :

L’industrie
L’énergie
Les transports
Le commerce et la distribution
L’urbanisme
L’édition
La culture et le cinéma

Autant de fonctions ou secteurs pour lesquels les IEP n’ont pas de monopole, et qui sont concurrencés par les écoles de commerce en particulier. Mais la grande notoriété des instituts et des formations qu’ils prodiguent est un atout recherché par de nombreuses entreprises : elles apprécient les capacités de réflexion, d’analyse comme la culture générale des diplômés.

Terminons par une autre spécificité dans les débouchés des IEP : une proportion non négligeable (entre 5 et 10 %) de diplômés préfèrent agir sur le monde en intégrant une organisation non gouvernementale (ONG), souvent à l’international.

L’article « Quels sont les débouchés professionnels avec un diplôme d’IEP ? » a été publié originellement sur le site des Cours Thalès : Quels sont les débouchés professionnels avec un diplôme d’IEP ?

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