Le concours général a plus de 250 ans. Institution emblématique de notre système éducatif, il revêt une aura particulière. Prestigieuse épreuve réservée à des happy few sélectionnés avec soin, on en parle peu. Ancré dans une tradition d’excellence, il a pour fonction de mettre en lumière les talents et les compétences exceptionnels des participants. Est-il aujourd’hui le reliquat d’un passé bien révolu, ou ce concours reste-t-il le symbole d’un système scolaire prétendant donner les mêmes chances à tous ?

Qu’est-ce que le concours général des lycées et des métiers ?

Le concours général est tout d’abord une compétition de premier plan entre les meilleurs élèves et apprentis de France dans diverses disciplines. Ce concours est l’occasion pour les participants de démontrer leurs qualités et leur capacité à exceller dans des épreuves rigoureuses.

L’histoire du concours général

C’est en 1744 qu’à l’initiative de l’abbé Legendre, le concours général voit le jour, sous l’égide de l’Université de Paris. Réservés aux garçons, les premiers prix ont été décernés en 1747 à la Sorbonne. Après une interruption due à la Révolution française, le concours général fut rétabli en 1820. En 1923, les filles ont enfin pu participer également à l’épreuve. En 1981, il s’est ouvert aux disciplines technologiques, puis en 1995 aux spécialités du Baccalauréat professionnel.

À travers les années, le concours général a su maintenir son prestige et son caractère très sélectif, tout en s’adaptant aux changements de la société et de l’éducation. Notons que de nombreuses personnalités en furent lauréates, d’Arthur Rimbaud et Charles Baudelaire à Léon Blum ou Alain Juppé, de Victor Hugo et Alfred de Musset à Henri Bergson ou Jean-Pierre Chevènement par exemple.

Quels sont les objectifs du concours général aujourd’hui ?

À quoi sert le concours général ? L’académicien Maurice Druon en résumait ainsi le concept : « Une aristocratie qui ne se transmet que par le sang des livres, se prouve par un effort de six heures et qui ne donne droit à rien. Une preuve de valeur, et voilà tout ». Il est vrai que c’est le seul concours qui n’ouvre la voie à aucune formation ou à aucun métier. Un challenge pour la gloire, pour se dépasser ? Sans doute.

Mais il est surtout un moyen pour l’Éducation nationale de mettre en lumière l’apport du système éducatif chez les élèves : s’il est possible de parvenir à réussir un concours réputé extrêmement difficile, c’est que les formations à l’école, au collège et au lycée ont été efficaces… En identifiant et en récompensant des talents exceptionnels, l’Éducation nationale récupère, d’une certaine façon, leurs qualités à son profit.

Au-delà du prestige associé à la réception d’un prix ou d’une mention, le concours offre malgré tout aux élèves des opportunités pour leur avenir académique et professionnel. En effet, sur un CV ou dans Parcoursup, la réussite au concours général est un indicateur apprécié des meilleures écoles et formations. La réussite au concours général peut ainsi faciliter l’accès à des établissements d’enseignement supérieur de premier plan et ouvrir des portes dans des parcours professionnels compétitifs.

Les lauréats bénéficient également d’une visibilité accrue, avec la possibilité de participer à des cérémonies de remise des prix prestigieuses, où ils peuvent commencer à se créer un réseau avec d’autres élèves talentueux et des professionnels de l’éducation. Cette reconnaissance peut avoir un impact durable sur leur confiance en soi et leur motivation.

Le concours général est accusé d’élitisme

La principale critique émise sur le concours général concerne la représentation très élitiste de ses candidats. On ne peut que constater en effet un certain nombre de biais manifestement élitistes. Alors que moins de 20 000 candidats se présentent chaque année, leur recrutement reste très limité à certains établissements :

Seuls 17 lycées concentrent plus de 50 % des mentions et des prix au concours ;
Un quart des mentions et des prix vont aux candidats formés dans des lycées privés ;
Le focus mis sur les études littéraires : français, latin, grec, dérange aussi, semblant très décalé par rapport aux enjeux de nos sociétés modernes.

Comment passer le concours général ?

L’inscription au concours général

Le concours général est ouvert aux élèves de classes de Première et de Terminale des lycées d’enseignement général publics ou privés sous contrat, à ceux de classes Terminales des lycées professionnels ainsi qu’aux apprentis en année Terminale de formation. Cependant, tous ne peuvent prétendre y participer.

La sélection des candidats au concours général est rigoureuse. Elle est généralement effectuée par les établissements scolaires, sur la base des performances et de l’engagement des élèves dans leurs disciplines respectives. Cette sélection préliminaire garantit que seuls les élèves les plus méritants et les plus préparés peuvent représenter leur lycée au concours.

Pour s’inscrire, le candidat doit faire la demande auprès du professeur de la matière dans laquelle il souhaite concourir. Si celui-ci estime que le candidat est au niveau pour participer, les démarches d’inscription sont coordonnées par l’administration du lycée. Les inscriptions s’effectuent entre début novembre et mi-décembre.

Quelles sont les principales disciplines du concours général ?

Le concours général couvre une vaste gamme de disciplines, englobant les sciences humaines, les sciences exactes, la littérature, les langues, et des spécialités techniques. Chaque discipline est conçue pour évaluer les compétences, les connaissances, et la capacité de réflexion critique des élèves, mettant en évidence ceux qui représentent l’élite académique de leur génération.

La voie générale est celle qui propose le plus grand nombre de disciplines :

En Première générale, les candidats peuvent ainsi concourir aux disciplines suivantes :

Histoire
Géographie
Arts plastiques,
Éducation musicale,
Composition française,
Thème latin,
Version latine,
Version grecque.

En Terminale générale, ils s’affronteront dans les disciplines correspondant aux spécialités qu’ils auront choisies en fin de Première :

Toutes spécialités confondues : dissertation philosophique,
Spécialité SES : sciences économiques et sociales,
Spécialité mathématique : mathématiques,
Spécialité physique-chimie : physique-chimie,
Spécialité SVT : sciences de la vie et de la terre,
Spécialité sciences de l’ingénieur : sciences de l’ingénieur,
Spécialité NSI : numérique et sciences informatiques,
Langues : version et composition en allemand, anglais, chinois, espagnol, arabe, hébreu, italien, russe et portugais.

Pour ce qui concerne les disciplines technologiques, le choix des élèves de Terminale peut s’effectuer parmi un grand choix de matières :

Ingénierie, innovation et développement durable,
Biochimie-biologie et biotechnologies,
Sciences physiques en laboratoire,
Sciences et techniques sanitaires et sociales,
Management, sciences de gestion et numérique,
Sciences et technologie de l’hôtellerie et de la restauration,
Version et composition en allemand, anglais, chinois, espagnol, arabe, hébreu, italien, russe et portugais

À ceci s’ajoute le concours général des métiers pour les élèves de Terminale des lycées professionnels et les élèves en alternance en CFA. Les candidats peuvent s’inscrire en commercialisation et services en restauration, cuisine, étude et définition de produits industriels, fonderie, maintenance de véhicules, maintenance de matériels, métiers de la mode, métiers de l’électricité, métiers du commerce et de la vente, métiers et arts de la pierre, plastiques et composites, techniciens d’usinage, en chaudronnerie industrielle ou menuisier agenceur, transport et travaux publics.

Comment se déroule le concours général ?

Les épreuves

Comme on ne concourt que dans une matière, il n’y a, pour les disciplines générales, les langues vivantes, les disciplines artistiques, qu’une seule épreuve écrite. Celle-ci est longue, souvent six heures, par exemple pour la composition de français, et d’une difficulté plus grande que lors des examens comme le baccalauréat.

Pour la plupart des disciplines techniques, deux épreuves se tiennent à des dates différentes :

Une épreuve d’admissibilité,
Puis une épreuve pratique d’admission.

Les épreuves sont organisées dans différents centres d’examen de chaque académie, à l’exception de l’épreuve pratique d’admission en technique, qui se déroule dans un seul centre d’examen.

Cérémonie de remise des prix

Dans chaque discipline, des récompenses sont remises :

Trois prix (1er, 2e, 3e)
Cinq accessits
Dix mentions au maximum

Après les épreuves, une cérémonie de remise des prix est organisée pour honorer les lauréats, généralement dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. C’est normalement le ministre de l’Éducation lui-même qui remet les prix aux candidats, leur offrant une reconnaissance nationale.

Comment se préparer au concours général ?

La préparation au concours général demande une approche méthodique et engagée, étant donné le niveau élevé de l’épreuve et sa durée. Les élèves doivent non seulement maîtriser le programme de leur lycée, mais aussi aller au-delà, explorant les sujets en profondeur et se familiarisant avec le format et les attentes spécifiques du concours.

Dans les quelques établissements qui produisent le plus de candidats et de lauréats, des préparations spécifiques sont organisées pour les candidats les plus prometteurs. Souvent, ce sont les professeurs de la discipline choisie qui « coachent » les candidats.

Indépendamment de ces lycées privilégiés, un véritable entraînement tout au long de l’année de Première ou de Terminale est indispensable pour avoir des chances d’obtenir une distinction. Le professeur de la discipline visée sera toujours de bon conseil, et même s’il ne consacre pas des heures hebdomadaires pour la préparation au concours, il faut écouter ses conseils, suggestions et propositions de méthode.

Les candidats doivent particulièrement approfondir leurs connaissances dans la discipline choisie, en étudiant de manière extensive et en explorant des ressources supplémentaires. Il est également essentiel de s’entraîner spécifiquement pour le format des épreuves du concours général, en travaillant sur des sujets d’années précédentes et en participant à des simulations d’examen. Des annales existent, qui sont un bon moyen d’apprécier le type d’épreuve auquel le candidat sera confronté.

Enfin, le candidat doit savoir gérer son temps et son stress pour réussir au concours général. Méditation, exercices physiques, nuits de sommeil réparatrices sont de bons moyens pour atteindre une certaine sérénité.

L’article « Le concours général est-il encore un symbole de la méritocratie ? » a été publié originellement sur le site des Cours Thalès : Le concours général est-il encore un symbole de la méritocratie ?

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