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L’ouverture de Sciences Po aux étudiants moins favorisés est-elle une réalité ?

Les grandes écoles françaises sont des filières d’excellence pour un parcours du supérieur, et les Instituts d’Etudes Politiques ne dérogent pas à ce qualificatif. Un reproche est souvent adressé à ces établissements de prestige : leur élitisme, qui favorise un certain entre-soi et exclut de facto les étudiants de milieu défavorisé. C’est pour lutter contre ces accusations que Sciences Po a mis en place depuis un moment des dispositifs censés favoriser une plus grande mixité sociale. Cette volonté d’ouverture se traduit-elle réellement dans le profil des étudiants ?

Sciences Po, ce sont aujourd’hui 11 IEP répartis sur tout le territoire

La galaxie des Sciences Po

Sciences Po en France est composé :

De Sciences Po Paris et ses campus (Le Havre, Reims, Paris, Nancy, Dijon, Poitiers, Menton)
De Sciences Po Bordeaux
De Sciences Po Grenoble
Du Réseau ScPo répartis dans différentes régions : Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse, Saint-Germain-en-Laye et, depuis 2022, Fontainebleau.

Sciences Po Paris est le vaisseau amiral de cette flotte de prestige. Située au cœur de la capitale et partout en France via ses campus en région, avec près de 1 800 nouveaux étudiants admis chaque année, l’école est réputée pour son ouverture internationale, ses doubles diplômes avec des universités de renommée mondiale et son large réseau d’anciens élèves.

Mais les 10 autres IEP ne déméritent pas, bien au contraire. D’un recrutement tout aussi exigeant que leur aînée parisienne, ils proposent des cursus de grande qualité. De surcroît, ils présentent l’avantage d’une proximité avec le tissu local, facilitant une insertion professionnelle directe dans la région. La plupart se distinguent en mettant à leur programme des spécialités. Par exemple, Sciences Po Bordeaux est connue pour ses formations axées sur l’Amérique latine, tandis que Sciences Po Grenoble excelle dans les études européennes.

Les procédures et les conditions d’admission sont très exigeantes

L’admission à Sciences Po Paris et dans les IEP est très sélective. Il existe différentes procédures, selon les établissements.

Pour Sciences Po Paris, la procédure d’admission après le Bac repose sur :

L’analyse des notes au Baccalauréat,
Les performances académiques des candidats, et leur trajectoire (progression ou régression) pendant la Première et la Terminale, accompagnées des appréciations de professeurs et du proviseur,
Un écrit de motivation et un essai.

Les admissibles doivent encore passer un oral avant d’être admis.

En 2022, plus de 12 000 candidats s’étaient inscrits sur Parcoursup. À peine plus d’un sur dix a été admis.

7 des IEP de région partagent une procédure commune d’admission post-Bac, le Concours commun : Lyon, Aix, Toulouse, Lille, Rennes, Strasbourg et Saint-Germain-en-Laye. Le concours permet aux étudiants de postuler simultanément à ces sept établissements.

Il repose sur :

Une épreuve écrite d’histoire,
Une épreuve écrite de questions contemporaines,
Une double épreuve écrite de langue : compréhension d’un texte, puis rédaction.

Enfin, les IEP de Grenoble, Bordeaux et Fontainebleau suivent une procédure proche de Sciences Po Paris.

Il faut noter que le taux d’admis est approximativement de 11 % dans les IEP.

Par sa politique d’ouverture, Sciences Po veut changer la donne

L’inégalité sociale culmine dans les grandes études supérieures

On compte aujourd’hui environ 37 % d’étudiants dans le supérieur titulaires d’une bourse pour poursuivre leurs études. Or, on retrouve un bien moindre pourcentage parmi les élèves des grandes écoles. En 2021, on relevait en moyenne :

12 % de boursiers en écoles de commerce,
23 % en écoles d’ingénieur,
19 % en classes préparatoires aux grandes écoles.

Il y a peu, les grandes écoles ont commencé à prendre des mesures pour rééquilibrer leur recrutement.

Sciences Po Paris a mis en place des conventions d’éducation prioritaire

Sciences Po Paris a été un pionnier dans la mise en œuvre de politiques d’ouverture sociale destinées à favoriser l’accès des étudiants issus de milieux défavorisés. Depuis le début des années 2000, l’établissement a mis en place des Conventions d’Éducation prioritaire (CEP), au cœur du programme de l’école pour l’égalité des chances. Il s’agit d’un programme ambitieux reposant sur une collaboration de l’école avec des lycées situés en Zones d’Éducation prioritaire (ZEP). Le programme atteindra bientôt les 200 lycées. Le but est d’identifier les élèves talentueux dès la Seconde, et de leur offrir un parcours d’accès privilégié à Sciences Po.

Depuis 2024, Sciences Po Paris a élargi son ouverture aux lycées professionnels. Reprenant l’idée des CEP, le processus est actuellement en test, avec des conventions avec trois lycées.

Le réseau des IEP privilégie un dispositif « Programme d’études intégrées »

Le réseau des IEP en France a opté dès 2007 pour un Programme d’Études intégrées (PEI), conçu pour accompagner les étudiants de milieux défavorisés dans leur préparation aux concours d’entrée des IEP.

Ce dispositif vise lui aussi à égaliser les chances de réussite en fournissant un soutien pédagogique, des ressources éducatives, et un accompagnement personnalisé aux élèves issus de lycées partenaires de la Troisième à la Terminale.

Au début des années 2000, au lancement du programme des CEP, 3 % des étudiants de Sciences Po Paris étaient boursiers. Les choses ont fortement changé, puisqu’en 2022 :

Sciences Po Paris, atteignait près de 25 % de boursiers dans ses rangs.
Les 7 IEP du parcours commun 29,9 % de boursiers (+1,3 % d’alternants).
Et 27,6 % (+1,2 % d’alternants) en moyenne si l’on prend l’ensemble des IEP.

Les taux varient fortement, puisque l’IEP de Grenoble avait recruté 38,7 % de boursiers, alors que celui de Strasbourg par exemple n’en comptait que 27,5 %.

Si ces proportions sont encore inférieures de beaucoup à celles de l’ensemble des boursiers en études supérieures, elles permettent de constater la progression importante qui s’est opérée en une vingtaine d’années.

Une lente évolution vers des profils plus diversifiés

Les efforts pour diversifier les profils étudiants Sciences Po semblent donc porter leurs fruits, comme en témoignent les données récentes sur les recrutements en première année. Il reste cependant difficile de connaître précisément la composition sociodémographique des étudiants des IEP.

La répartition sexuelle semble ainsi s’être inversée en une quinzaine d’années. En 2009, les hommes étaient majoritaires chez les étudiants ; aujourd’hui on y trouve 62 % de femmes.

Concernant les catégories socioprofessionnelles, aucune donnée ne semble disponible si ce n’est celle du nombre de boursiers. En 2017, une enquête du quotidien Libération apportait un bémol intéressant au succès des CEP. En effet, à l’époque, 40 à 45 % des admis à Sciences Po Paris par la voie des CEP étaient issus de CSP supérieures. Il est possible, et souhaitable, que la situation ait été mieux contrôlée depuis, mais nous n’avons trouvé aucun indice plus récent.

Toujours est-il que le recrutement reste très exigeant : la moyenne au Bac des admis de 2022 était de 16,89, une grande majorité ayant donc décroché la mention très bien.

Dans les enquêtes réalisées par Sciences Po, l’on voit aussi la grande appétence des étudiants des instituts à l’engagement. En 2022, 36 % des étudiants étaient membres d’une association humanitaire ou caritative, 16 % d’une ONG de défense de l’environnement, 14 % militaient dans une association pour le droit des femmes et 8 % dans la défense des droits LGBTQ+.

Les profils d’étudiants à Sciences Po reflètent certainement année après année une diversité croissante et une ouverture sociale plus marquée. Une certaine prudence doit cependant demeurer sur l’importance de cette tendance. On sait tous les obstacles qu’un élève instruit dans une zone d’éducation prioritaire doit franchir pour accéder à ces grands établissements : sentiment d’illégitimité, classes moins performantes que dans les collèges et lycées de quartiers favorisés, méconnaissance des stratégies pour rejoindre des filières d’excellence, etc. Pour aller plus loin, le renforcement des dispositifs actuellement en vigueur et leur extension à d’autres lycées semblent indispensables.

L’article « L’ouverture de Sciences Po aux étudiants moins favorisés est-elle une réalité ? » a été publié originellement sur le site des Cours Thalès : L’ouverture de Sciences Po aux étudiants moins favorisés est-elle une réalité ?

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Arts et Artisanats associés aux pratiques cultuelles en Asie de l’Ouest ancienne

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En hybride. Pour l’accès l’accès au distanciel, suivre ce lien.

Cet événement a bénéficié d’un soutien de la MESHS dans le cadre du soutien scientifique ponctuel 2023 (vague 2).
date : du lundi 15 avril 2024 au mardi 16 avril 2024 🌐

Colloque international DIGIR II organisé par Imane Achouche et Sonia Mzali (HALMA, Ulille).

Qui est Nicole Belloubet, la nouvelle ministre de l’Éducation ?

L’Éducation nationale et le système éducatif français sont dans la tourmente depuis quelques années. Réforme radicale après réforme radicale, manque de moyens, crise des recrutements, questions sociétales qui pénètrent les collèges et lycées, harcèlements… La récente valse des ministres sous la seconde mandature présidentielle d’Emmanuel Macron n’a pas arrangé la situation, ayant plutôt pour effet de déstabiliser encore un peu plus l’école de la République. La nouvelle ministre Nicole Belloubet parviendra-t-elle à redresser la barre ? Coup de projecteur sur la ministre qui connaît bien l’Éducation nationale.

Nicole Belloubet a une bonne connaissance de l’éducation

Depuis le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron, Nicole Belloubet est la quatrième ministre de l’Éducation. Après Pap Ndiaye resté à peine plus d’un an, Gabriel Attal a cherché à imprimer sa marque en moins de six mois, suivi d’Amélie Oudéa-Castéra, restée un petit mois. Nicole Belloubet, nommée le 8 février 2024, pourra-t-elle profiter d’un temps long pour apaiser un monde enseignant traumatisé par tous ces changements ?

L’un de ses atouts est sa bonne connaissance de l’intérieur du monde de l’éducation. Nicole Belloubet, agrégée de droit public, a en effet été professeure des universités. Elle a été rectrice de l’académie de Limoges de 1997 à 2000, puis de celle de Toulouse jusqu’en 2005. Dans le même temps, elle a présidé le Comité interministériel de pilotage pour la promotion de l’égalité des sexes dans les systèmes éducatifs.

Son parcours dans l’éducation s’est poursuivi à l’Institut d’Études Politiques de Toulouse, où elle a enseigné le droit communautaire à partir de 2008. Sa carrière politique ne l’a jamais éloignée durablement du système éducatif. Jusqu’à sa nomination au gouvernement, elle était encore Présidente du conseil d’administration de l’IEP de Toulouse.

Une carrière politique est venue se greffer sur son parcours professionnel dans l’éducation

Nicole Belloubet s’est lancée en politique avec le Parti socialiste auquel elle a adhéré dès 1983. Sa première tentative de se faire élire aux élections municipales à Saint-Rémy-les-Chevreuses en 1989 a été infructueuse de quelques voix. On la voit rebondir quelques années plus tard à Toulouse. En 2008, elle devient première adjointe chargée de la culture de la ville, puis, en 2010, première vice-présidente du conseil régional de Midi-Pyrénées. Elle y est chargée de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Son entrée au Conseil constitutionnel en 2013 marque un tournant dans sa carrière et dans l’histoire du Conseil constitutionnel. Elle est en effet la première femme professeur de droit pénétrant dans l’institution, et la septième femme membre de l’institution. Nommée pour 9 ans, elle quitte pourtant le Conseil constitutionnel en 2017 pour devenir ministre de la Justice et garde des Sceaux dans le gouvernement d’Édouard Philippe. Nicole Belloubet y a porté des projets de loi importants visant à renforcer la confiance dans la vie politique et à protéger les victimes de violences sexuelles. Sa gestion de la crise pénitentiaire en 2018 et sa préparation du projet de loi de programmation 2018-2022 pour la justice témoignent de son engagement pour un système judiciaire plus efficace et plus équitable.

À chaque ministre ses polémiques

Comme toute figure publique, Nicole Belloubet a été au cœur de plusieurs polémiques.

Cela commence naturellement lors de son entrée au gouvernement en juin 2017, date à laquelle elle oublie de déclarer une partie de son patrimoine immobilier, rectification effectuée six mois plus tard.

Dans ses fonctions de ministre de la Justice, la révélation d’une note confidentielle en 2019 sur l’avenir des juges d’instruction lié aux résultats électoraux de La République en marche a soulevé des questions sur l’indépendance de la justice.

Enfin, sa gestion de l’affaire Mila. Cette adolescente harcelée en ligne publie sur les réseaux sociaux une vidéo critiquant violemment l’Islam. La première réaction de la ministre, loin de soutenir l’adolescente, a été de critiquer le blasphème en affirmant que « l’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave ». Elle est rapidement revenue sur sa position, présentant ses excuses pour son expression « maladroite ».

Nicole Belloubet est-elle vouée à appliquer une politique qu’elle contestait ?

Les prises de position passées de la nouvelle ministre de l’Éducation semblent parfois en contradiction avec la politique menée aujourd’hui en matière d’éducation.

En 2005, Nicole Belloubet quitte son poste de rectrice de l’académie de Toulouse, réagissant contre la réduction du nombre d’enseignants et la suppression des travaux personnels encadrés. Depuis, les réductions d’effectifs se sont accélérées. Qu’en pense la ministre et aura-t-elle les moyens d’y remédier ?

En 2016, dans un article d’une revue universitaire, elle critique vertement les « fariboles sur la restauration de l’autorité ou le port de la blouse ». C’est à elle, aujourd’hui, de mettre en place l’expérimentation sur le port de l’uniforme…

Enfin, dans les mêmes années, Nicole Belloubet soutenait la réforme du collège initiée par Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Éducation. Cette même réforme considérée comme mère de tous les maux par l’actuel Premier ministre, Gabriel Attal.

Comment la ministre va-t-elle gérer ces dissonances ?

Les principaux dossiers d’actualité de la nouvelle ministre

Contradictions ou simples ajustements, la ministre se trouve quoi qu’il en soit devant des chantiers et des dossiers sensibles.

1 – Restaurer la confiance du monde enseignant

C’est certainement le chantier le plus difficile et le plus urgent de la nouvelle ministre. Les moyens lacunaires de l’éducation nationale ont depuis un moment fait des ravages dans l’organisation des collèges et lycées. Le manque d’enseignant de fait chaque année plus criante, et les réformes instaurées sous le ministère de Jean-Michel Blanquer, puis les annonces faites par Gabriel Attal, ont fortement échaudé la grande majorité des professeurs et personnels encadrants. Le passage éclair d’Amélie Oudéa-Castéra, évincée à la suite de propos pour le moins inappropriés a fini de saper la confiance dans les autorités de tutelle.

Les premiers pas de Nicole Belloubet tout comme ses paroles ont d’emblée marqué une rupture par rapport à sa prédécesseure. Cherchant à minimiser l’ampleur de certaines mesures annoncées, se voulant à l’écoute des enseignants, elle privilégie le travail de fond, aux déclarations fracassantes. Mais même si c’est certainement une approche plus acceptable, cela ne garantit pas l’adhésion des professeurs. Comme le rappelle le président du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN), « il n’y a pas de confiance, il y a des preuves de confiance ».

2 – Accompagner l’expérimentation du port de l’uniforme à l’école

Cheval de bataille du président, le port d’un uniforme est fortement contesté par les parents d’élève comme par les enseignants et de nombreux chercheurs. Au point que le ministère peine à trouver les 100 établissements volontaires pour l’expérimentation qui doit débuter en septembre 2024. Il va falloir à la ministre désamorcer les frondes locales, faire preuve d’une grande persuasion et garantir au comité de pilotage une réelle autonomie.

3 – Mettre en place les groupes de niveau

La constitution de groupes de niveau en français et en mathématiques fait partie du « choc des savoirs » annoncé par Gabriel Attal. La mise en place de ces groupes de niveau doit se faire dès la rentrée 2024-2025 pour les classes de 6e et 5e. Bien que cette mesure vise à améliorer les résultats scolaires, elle suscite elle aussi une forte opposition de la part des enseignants et d’associations de parents d’élèves, qui craignent qu’elle n’accroisse l’inégalité entre les élèves. Les moyens investis dans la mesure — moins de 1000 enseignants supplémentaires — semblent bien maigres face à la refondation complète des classes et à la constitution des groupes de niveau. Les principaux et proviseurs craignent une rentrée chaotique, cette nouvelle organisation reposant de surcroît sur des critères encore assez flous. Enfin, la rapidité de sa mise en place (moins de six mois) pour une réforme si structurante reste un point d’inquiétude majeure.

4 – Redonner ses lettres de noblesse au métier d’enseignant

Parmi les défis qui attendent la nouvelle ministre, la crise du recrutement chez les enseignants devient de plus en plus aiguë. Ainsi, les places aux concours ne sont pas toutes pourvues dans certaines matières essentielles. En conséquence, il est de plus en plus difficile de remplacer des professeurs absents, de viser des étiages relativement faibles pour les classes, et de trouver des enseignants compétents. Comment revaloriser le métier, comment le rendre de nouveau attractif ? Manifestement, le « pacte enseignant » qui avait été lancé sous Pap NDiaye n’est pas une réponse suffisante. Nicole Belloubet trouvera-t-elle la solution ?

5 – Faire de l’école un lieu plus inclusif

L’inclusion scolaire des enfants en situation de handicap n’est aujourd’hui pas optimale, contrairement aux promesses du gouvernement. Si près de 500 000 élèves en situation de handicap sont actuellement scolarisés dans le système scolaire ordinaire, ce qui représente une hausse d’un tiers en 8 ans, l’absence de moyens est de plus en plus criante, aboutissant souvent à des situations difficiles et perturbantes. Le manque de personnel formé interdit bien souvent la prise en charge effective des enfants handicapés, laissant les enseignants seuls face des cas complexes qu’ils ne savent ni n’ont le temps de gérer.

On le voit, les challenges ne manquent pas pour la nouvelle ministre, qui aura besoin de toute son énergie et du soutien sans faille de son administration. C’est le seul moyen de parvenir à réconcilier les acteurs de l’éducation et de tracer une ligne enfin cohérente et acceptée de tous permettant d’améliorer notre système d’éducation.

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L’Éducation nationale et le système éducatif français sont dans la tourmente depuis quelques années. Réforme radicale après réforme radicale, manque de moyens, crise des recrutements,
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Le concours général est-il encore un symbole de la méritocratie ?

Le concours général a plus de 250 ans. Institution emblématique de notre système éducatif, il revêt une aura particulière. Prestigieuse épreuve réservée à des happy few sélectionnés avec soin, on en parle peu. Ancré dans une tradition d’excellence, il a pour fonction de mettre en lumière les talents et les compétences exceptionnels des participants. Est-il aujourd’hui le reliquat d’un passé bien révolu, ou ce concours reste-t-il le symbole d’un système scolaire prétendant donner les mêmes chances à tous ?

Qu’est-ce que le concours général des lycées et des métiers ?

Le concours général est tout d’abord une compétition de premier plan entre les meilleurs élèves et apprentis de France dans diverses disciplines. Ce concours est l’occasion pour les participants de démontrer leurs qualités et leur capacité à exceller dans des épreuves rigoureuses.

L’histoire du concours général

C’est en 1744 qu’à l’initiative de l’abbé Legendre, le concours général voit le jour, sous l’égide de l’Université de Paris. Réservés aux garçons, les premiers prix ont été décernés en 1747 à la Sorbonne. Après une interruption due à la Révolution française, le concours général fut rétabli en 1820. En 1923, les filles ont enfin pu participer également à l’épreuve. En 1981, il s’est ouvert aux disciplines technologiques, puis en 1995 aux spécialités du Baccalauréat professionnel.

À travers les années, le concours général a su maintenir son prestige et son caractère très sélectif, tout en s’adaptant aux changements de la société et de l’éducation. Notons que de nombreuses personnalités en furent lauréates, d’Arthur Rimbaud et Charles Baudelaire à Léon Blum ou Alain Juppé, de Victor Hugo et Alfred de Musset à Henri Bergson ou Jean-Pierre Chevènement par exemple.

Quels sont les objectifs du concours général aujourd’hui ?

À quoi sert le concours général ? L’académicien Maurice Druon en résumait ainsi le concept : « Une aristocratie qui ne se transmet que par le sang des livres, se prouve par un effort de six heures et qui ne donne droit à rien. Une preuve de valeur, et voilà tout ». Il est vrai que c’est le seul concours qui n’ouvre la voie à aucune formation ou à aucun métier. Un challenge pour la gloire, pour se dépasser ? Sans doute.

Mais il est surtout un moyen pour l’Éducation nationale de mettre en lumière l’apport du système éducatif chez les élèves : s’il est possible de parvenir à réussir un concours réputé extrêmement difficile, c’est que les formations à l’école, au collège et au lycée ont été efficaces… En identifiant et en récompensant des talents exceptionnels, l’Éducation nationale récupère, d’une certaine façon, leurs qualités à son profit.

Au-delà du prestige associé à la réception d’un prix ou d’une mention, le concours offre malgré tout aux élèves des opportunités pour leur avenir académique et professionnel. En effet, sur un CV ou dans Parcoursup, la réussite au concours général est un indicateur apprécié des meilleures écoles et formations. La réussite au concours général peut ainsi faciliter l’accès à des établissements d’enseignement supérieur de premier plan et ouvrir des portes dans des parcours professionnels compétitifs.

Les lauréats bénéficient également d’une visibilité accrue, avec la possibilité de participer à des cérémonies de remise des prix prestigieuses, où ils peuvent commencer à se créer un réseau avec d’autres élèves talentueux et des professionnels de l’éducation. Cette reconnaissance peut avoir un impact durable sur leur confiance en soi et leur motivation.

Le concours général est accusé d’élitisme

La principale critique émise sur le concours général concerne la représentation très élitiste de ses candidats. On ne peut que constater en effet un certain nombre de biais manifestement élitistes. Alors que moins de 20 000 candidats se présentent chaque année, leur recrutement reste très limité à certains établissements :

Seuls 17 lycées concentrent plus de 50 % des mentions et des prix au concours ;
Un quart des mentions et des prix vont aux candidats formés dans des lycées privés ;
Le focus mis sur les études littéraires : français, latin, grec, dérange aussi, semblant très décalé par rapport aux enjeux de nos sociétés modernes.

Comment passer le concours général ?

L’inscription au concours général

Le concours général est ouvert aux élèves de classes de Première et de Terminale des lycées d’enseignement général publics ou privés sous contrat, à ceux de classes Terminales des lycées professionnels ainsi qu’aux apprentis en année Terminale de formation. Cependant, tous ne peuvent prétendre y participer.

La sélection des candidats au concours général est rigoureuse. Elle est généralement effectuée par les établissements scolaires, sur la base des performances et de l’engagement des élèves dans leurs disciplines respectives. Cette sélection préliminaire garantit que seuls les élèves les plus méritants et les plus préparés peuvent représenter leur lycée au concours.

Pour s’inscrire, le candidat doit faire la demande auprès du professeur de la matière dans laquelle il souhaite concourir. Si celui-ci estime que le candidat est au niveau pour participer, les démarches d’inscription sont coordonnées par l’administration du lycée. Les inscriptions s’effectuent entre début novembre et mi-décembre.

Quelles sont les principales disciplines du concours général ?

Le concours général couvre une vaste gamme de disciplines, englobant les sciences humaines, les sciences exactes, la littérature, les langues, et des spécialités techniques. Chaque discipline est conçue pour évaluer les compétences, les connaissances, et la capacité de réflexion critique des élèves, mettant en évidence ceux qui représentent l’élite académique de leur génération.

La voie générale est celle qui propose le plus grand nombre de disciplines :

En Première générale, les candidats peuvent ainsi concourir aux disciplines suivantes :

Histoire
Géographie
Arts plastiques,
Éducation musicale,
Composition française,
Thème latin,
Version latine,
Version grecque.

En Terminale générale, ils s’affronteront dans les disciplines correspondant aux spécialités qu’ils auront choisies en fin de Première :

Toutes spécialités confondues : dissertation philosophique,
Spécialité SES : sciences économiques et sociales,
Spécialité mathématique : mathématiques,
Spécialité physique-chimie : physique-chimie,
Spécialité SVT : sciences de la vie et de la terre,
Spécialité sciences de l’ingénieur : sciences de l’ingénieur,
Spécialité NSI : numérique et sciences informatiques,
Langues : version et composition en allemand, anglais, chinois, espagnol, arabe, hébreu, italien, russe et portugais.

Pour ce qui concerne les disciplines technologiques, le choix des élèves de Terminale peut s’effectuer parmi un grand choix de matières :

Ingénierie, innovation et développement durable,
Biochimie-biologie et biotechnologies,
Sciences physiques en laboratoire,
Sciences et techniques sanitaires et sociales,
Management, sciences de gestion et numérique,
Sciences et technologie de l’hôtellerie et de la restauration,
Version et composition en allemand, anglais, chinois, espagnol, arabe, hébreu, italien, russe et portugais

À ceci s’ajoute le concours général des métiers pour les élèves de Terminale des lycées professionnels et les élèves en alternance en CFA. Les candidats peuvent s’inscrire en commercialisation et services en restauration, cuisine, étude et définition de produits industriels, fonderie, maintenance de véhicules, maintenance de matériels, métiers de la mode, métiers de l’électricité, métiers du commerce et de la vente, métiers et arts de la pierre, plastiques et composites, techniciens d’usinage, en chaudronnerie industrielle ou menuisier agenceur, transport et travaux publics.

Comment se déroule le concours général ?

Les épreuves

Comme on ne concourt que dans une matière, il n’y a, pour les disciplines générales, les langues vivantes, les disciplines artistiques, qu’une seule épreuve écrite. Celle-ci est longue, souvent six heures, par exemple pour la composition de français, et d’une difficulté plus grande que lors des examens comme le baccalauréat.

Pour la plupart des disciplines techniques, deux épreuves se tiennent à des dates différentes :

Une épreuve d’admissibilité,
Puis une épreuve pratique d’admission.

Les épreuves sont organisées dans différents centres d’examen de chaque académie, à l’exception de l’épreuve pratique d’admission en technique, qui se déroule dans un seul centre d’examen.

Cérémonie de remise des prix

Dans chaque discipline, des récompenses sont remises :

Trois prix (1er, 2e, 3e)
Cinq accessits
Dix mentions au maximum

Après les épreuves, une cérémonie de remise des prix est organisée pour honorer les lauréats, généralement dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. C’est normalement le ministre de l’Éducation lui-même qui remet les prix aux candidats, leur offrant une reconnaissance nationale.

Comment se préparer au concours général ?

La préparation au concours général demande une approche méthodique et engagée, étant donné le niveau élevé de l’épreuve et sa durée. Les élèves doivent non seulement maîtriser le programme de leur lycée, mais aussi aller au-delà, explorant les sujets en profondeur et se familiarisant avec le format et les attentes spécifiques du concours.

Dans les quelques établissements qui produisent le plus de candidats et de lauréats, des préparations spécifiques sont organisées pour les candidats les plus prometteurs. Souvent, ce sont les professeurs de la discipline choisie qui « coachent » les candidats.

Indépendamment de ces lycées privilégiés, un véritable entraînement tout au long de l’année de Première ou de Terminale est indispensable pour avoir des chances d’obtenir une distinction. Le professeur de la discipline visée sera toujours de bon conseil, et même s’il ne consacre pas des heures hebdomadaires pour la préparation au concours, il faut écouter ses conseils, suggestions et propositions de méthode.

Les candidats doivent particulièrement approfondir leurs connaissances dans la discipline choisie, en étudiant de manière extensive et en explorant des ressources supplémentaires. Il est également essentiel de s’entraîner spécifiquement pour le format des épreuves du concours général, en travaillant sur des sujets d’années précédentes et en participant à des simulations d’examen. Des annales existent, qui sont un bon moyen d’apprécier le type d’épreuve auquel le candidat sera confronté.

Enfin, le candidat doit savoir gérer son temps et son stress pour réussir au concours général. Méditation, exercices physiques, nuits de sommeil réparatrices sont de bons moyens pour atteindre une certaine sérénité.

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